‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 60 sur 93 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

gulière coïncidence, que nous croyons devoir recommander à l'attention des ég"yptolog'ues, la substitution d'Amoun, le bélier divin, au dieu générateur Khem, dans la haute Egypte, semble dater de cette époque. Khem et Amoun avaient été originairement associés dans le même culte ; ce n'étaient, dans le principe, que deux dénominations rivales d'une même idée, celle de la fécondation mâle. Schwenck (1) conjecture que la séparation eut lieu par le dédoublement du dieu en deux symboles, le bélier et le bouc, celui-ci affecté à Khem et l'autre à Amoun. Ils sont l'un et l'autre, dansleurs images, généralement peints en bleu, cette couleur ayant été, en Egypte, un emblème de la fécondation. Mais, quand Amoun est représenté avec la tête de bélier, le disque solaire fréquemment entre ses cornes, il est peint en vert, la couleur du printemps. De son côté, Khem, comme dieu printanier également, était représenté avec un entourage ou accompagnement de plantes. Onpourrait croire, d'après cela, que la constellation du Bélier a eu originairement une double dénomination, celle de Bélier,

(1) Die Mythologie der Mgypter, p. 77.

qui est restée, et la dénomination de Bouc. Ce qu'il y a de certain, c*est que la ville de Chemmys, 011 était surtout adoré le dieu phallique Khem, était appelée Panopolis par les Grecs, d'où il y a lieu d'inférer qu'ils identifiaient ce même Khem avec leur dieu à pieds de bouc. Comme ils identifiaient également avec Pan le bouc de Mendès, nul doute que Khem n'ait été aussi un bouc par opposition au bélier Amoun. Fr. Nork dit, au sujet d'Aschima, le dieu-bouc de Hamath, que ce bouc avait en commun avec le bélier divin le même signe zodiacal (1). Pourquoi ne pourrait-on supposer que la séparation des deux aspects du générateur divin, Khem et Amoun, se fit au moment oîi la constellation dont il s'agit passa à l'équinoxe du printemps, le dieu prenant alors la tête du troupeau céleste sous la double forme qu'avait le signe zodiacal luimême? Un fait est certain, c'est que, à la pleine lune pascale, on n'immolait pas seulement un bélier ou un agneau, mais qu'on pouvait encore, à la place, immoler un chevreau mâle (2), ce qui

(1) Hebr. chald. rabbinisches Wôrterbuch, au mot Aschima.

(2) Exode, XII, o.

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