CHAPITRE HUITIÈME
quement occulté ou, du moins, tout à faitobombré par notre satellite dans le parcours de l'orbite de ce dernier. A quelle époque cette occultation ou obombration a-t-elle pu avoir lieu ? Comme l'obliquité de l'écliptique diminue de 48" par siècle, en admettantqu'elle fût de 24° 30', sans fraction, dans les dernières périodes de l'occultation possible de Fomalhaut, le calcul nous reporte à 79 siècles en arrière, soit à six mille ans avant Jésus-Christ (1). Il y a tout lieu de conjecturer quel'obombrationdeFomalhautparlapleinelune, vers Féquinoxe du printemps, sinon son occultation proprement dite, demeura le point de début de la période jusqu'au moment où^ par suite des changements survenus à la longue dans l'orbite lunaire, conformément à la loi rappelée plus haut, elle abandonna entièrement cette étoile et se fixa sur une autre depremière grandeur, Sirius. Dans ces conditions, étant donnés des éléments appartenant d'une manière exclusive au ciel nocturne, le type de notre période n'a pu être que le retour de la concordance de la pleine lune avec le lever achronique de Fomalhaut, d'abord
il4 L'AGE DE DIEU.
au printemps. C'est ce que prouvent l'association du dieu lunaire Thoth avec l'étoile d'Isis au premier de l'an et l'accord du premier mois, celui de ce même Thoth, avec le signe de la germination printanière.
On pourrait être tenté de croire que la première forme de l'année, en Egypte, fut, par conséquent, l'année sidérale. Quoique, avec ce système, l'ordre des saisons s'intervertisse à la longue, il fallait à des populations qui ne jugeaient encore que par leurs yeux beaucoup trop de temps pour s'apercevoir que cet ordre dépendait de la marche du soleil. La lunaison, qui est le mois lunaire synodique, et non plus sidéral, et qui était la base de l'année en question, suppose bien l'intervention solaire, mais le rapport qui existe entre les phases de la lune et les mouvements de l'astre du jour n'affecte pas la vue, et même on s'est imaginé longtemps que, en dehors des clartés de Phœbé, il n'y avait que des clartés engendrées ou des clartés d'emprunt (1). Néanmoins, c'est bien le soleil, au bout du compte, qui est le vrai régulateur du
(1) Plut., De Is. et Osir., 12.