CHAPITRE HUITIÈME. H
première forme donnée à l'année solaire, celle des 360 jours dont il a été question. Nous savons, d'ailleurs, que, lorsqu'Isis régnait seule, cause première et absolue, bien avant la naissance du Soleil, le système hiéroglyphique n'était pas encore fixé : il ne le fut que plus tard. Les hiéroglyphes les plus anciens témoignent de la royauté souveraine du Jour. Le système graphique égyptien ne doit pas remonter au delà de la troisième dynastie ; il appartient donc à l'histoire des rois fils du Soleil. Le sarcophage royal de la Chambre haute, dans l'intérieur de la grande pyramide de Gizeh, n'ayant aucune inscription, on en a conclu que l'écriture n'exis^ tait pas encore à l'époque oii fut construit ce monument. Tous les autres sarcophages égyptiens, en effet, sont couverts d'hiéroglyphes. D'un autre côté, Champollion-Figeac (1) fait remarquer que le nom de la ville de Memphis, écrit phonétiquement dans les textes hyéroglyphiques, a pour caractère déterminatif spécial la figure d'une pyramide placée avant même le caractère déterminatif générique qui signifie « ville » , d'oii (i) Egypte ancienne, p. 284.
il infère avec raison que, lorsque l'orthographe du nom de Memphis fut réglée, les pyramides voisines de cette ancienne capitale existaient déjà et pourraient bien avoir précédé l'usage de l'écriture. La notation hiéroglyphique des saisons, comme tout le reste du système, est donc, elle aussi, d'origine solaire.
Et maintenant, quelle a été la première forme de la période dont nous venons de faire connaître les éléments?
Lorsque l'Osirisme, né sur les bords du Nil, dans la Basse-Egypte, et exclusivement égyptien, se trouva en contact avec la donnée sothiaque, venue avec Seth, Thoth, An, Anath, et le Phénix lui-même, de contrées plus à l'Orient, il y eut d'abord compromis, et les deux systèmes se pénétrèrent tellement l'un l'autre, réciproquement, qu'il n'est pas facile aujourd'hui encore de reconnaître ce qui fut l'apport de chacun. On peut croire, néanmoins, que l'Osirisme modifia la donnée sothiaque en ce sens, que, de neutre qu'elle était, ainsi que nous l'avons démontré, elle en fit quelque chose de double, mâle et femelle, oti ce dernier côté, néanmoins, prévalut