‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 66 sur 93 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

d'Egypte, avec sa géographie, son histoire et ses mirages. Il nous suffit, pour l'objet que nous avons en vue, d'avoir montré que, comme régulateur cosmique, il avait bien succédé à Thoth, en ajoutant quelques traits solaires à la physionomie originelle de cette dénomination.

Or, en cette qualité, Osiris avait son symbole dans le bœuf Apis. « Apis, ditPlutarque, est l'image vivante d'Osiris ; il naît au moment où une lumière fécondante part de la lune et vient frapper la génisse, dont les désirs sont excités. C'est pour cela encore qu'Apis a plusieurs traits de ressemblance avec la lune (1). » Pline, parlant de la tache blanche qu'il portait sur le côté droit, dit qu'elle avait la forme du croissant de la lune (2), et d'après Élien (3), le nombre des signes ou taches qu'il devait avoir sur lui était de 29, répondant aux 29 jours de la lunaison. Le scholiaste de Ptolémée dit, de son côté, que la sueur, sur le corps d'Apis, croissait et diminuait avec la lune, ce bœuf étant en relation

{i)DeIs. et Osir., 43.

(2) Hist. nat., 8, 71.

avec la lune aussi bien qu'avec Osiris. Suivant Diodore de Sicile (1), Osiris aurait eu pour symboles les deux bœufs sacrés Apis et Mnevis, et d'après Théodoret (2) et Ammien Marcellin (3), le bœuf Mnevis, qu'on adorait à Héliopolis, était un emblème solaire, tandis qu'Apis était un emblème lunaire. Porphyre, cité par Eusèbe (4), prétendait même qu'Apis était tout à la fois lune et soleil.

Dans ces conditions, nous ne faisons aucune difficulté de donner pour origine ou plutôt pour point de départ à la période sothiaque, telle qu'on la connaît, une combinaison cyclique double, comprenant ensemble les années d'Apis et le fameux cycle de trente ans désigné sous le nom de triacontaétéride dans l'inscription de Rosette.

Essayons de prouver cette thèse.

(2) Troisième discours aux Grecs.

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