CHAPITRE IX
Ce qui vivait dans le bœuf Apis, c'était l'âme d'Osiris lui-même, qui, ainsi que s'exprime Diodore, passait d'un Apis à l'autre. Il n'est donc pas douteux qu'une vie d'Apis ne répondît à une année d'Osiris et ne fût une période osirienne. Comme le bœuf sacré vivait ou était censé vivre 23 ans, les 23 années de la période sont bien le cadre même de cette vie.
Plutarque, qui fait, lui encore, d'Osiris tout à la fois un aspect du soleil et une lune mâle, dit que, dans leurs hymnes sacrés en l'honneur de ce dieu, les Égyptiens invoquaient « celui qui est caché dans les bras du soleil » , et que, le trente Epiphi, jour oh. le soleil et la lune étaient en conjonction, ils fêtaient la naissance des yeux d'Horus, parce qu'ils regardaient non
seulement la lune, mais encore le soleil comme étant l'œil et la lumière de ce même Horus. Le compromis luni-solaire ressort assez clairement de là. Gomme, avec une année lunaire de 354 jours, cette conjonction des deux astres a lieu à la fin de chaque lunaison, il est bien évident que, en la plaçant au 30 du mois Epiphi exclusivement, Plutarque a eu l'année solaire en vue. Or, avec une année vague comme était dès la plus haute antiquité l'année des Égyptiens, le soleil et la lune ne se rencontraient sur la même ligne, un même jour du mois, que tous les 25 ans. Dans VAlmageste de Ptolémée (1), on trouve des tables pour le retour des nouvelles et pleines lunes, disposées de 25 en 25 années égyptiennes; comme 309 mois lunaires synodiques sont, à une heure 8 à 9 minutes près, égaux à 25 de ces années, il s'ensuit que, au bout d'une semblable période, on avait de nouveau les phases de la lune aux mêmes jours de l'année erratique en question, et cela pendant plusieurs siècles.
Le retour du commencement de l'année,