CHAPITRE NEUVIÈME
non plus de l'année lunaire originelle^ mais de l'année solaire, à la pleine lune printanière pouvait donc s'effectuer tous les vingtcinq ans. Il résulte de là que la période d'Apis était bien, comme nous l'avons dit, une période luni-solaire et qu'elle date de l'époque où, suivant une image égyptienne, la lune fut agrandie. Jusque-là il ne dut guère y avoir en Egypte d'autre période que la lunaison proprement dite, et l'année commençait, comme chez les peuples qui ont fait usage d'un calendrier lunaire tant bien que mal mis d'accord avec les saisons, tantôt après la douzième de ces lunaisons, tantôt après la treizième. Lorsque la notation fut introduite, avec sa division en tétraménies ou saisons de quatre mois de 30 jours chacun, l'agrandissement de la lune avait déjà eu lieu, et l'année était celle de 360 jours, au moins, dont il a été question. La lune^ ainsi que cela ressort du signe hiéroglyphique employé pour désigner le mois^ un croissant, était bien à la base de cette notation ; mais le disque solaire, qui figure dans l'hiéroglyphe des 5 jours épagomènes de l'année vague de 365 jours, confirme l'ori-
g-ine luni-solaire de la période apienne, dont cette année était, de son côté^ la base incontestable. De même que l'écriture, la période en question date donc des premières dynasties.
Nous venons de dire que le point de départ du grand cycle sothiaque était double, et que, outre les 25 ans de la vie d'Apis, il y avait à tenir compte d'une autre donnée qui était même la donnée fondamentale. Le début du système n'était pas, en effet, marqué seulement par le retour du 1^' Thoth d'une année vag-ue à la pleine lune du printemps; il fallait aussi que cette pleine lune, ce même 1^' Thoth, se trouvât de nouveau en conjonction avec l'étoile isiaque, de manière à l'occulter ou^ du moins, à l'obombrer : c'était la condition essentielle, le nœud de tout le drame. Toute période était une vie de dieu; comme la vie, elle avait pour origine un acte de génération, et cet acte s'accomplissait dans le secret de la nuit. C'est au sein de la nuit, du reste, non seulement dans les idées du peuple égyptien, mais dans celles de la plupart des peuples, que toutes choses ont été conçues ; c'est d'elle qu'elles sont nées :