‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 70 sur 93 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

traie, ce qui a fort bien pu avoir lieu, comme nous l'avons dit à la page 112, elle avait déjà, au terme de la période, occulté ou obombré de nouveau cette étoile depuis plus de six ans. Lorsque, par suite de la diminution de l'obliquité de l'écliptique, qui n'est plus aujourd'hui que de 23° 27', et, par conséquent aussi, de l'excentricité de l'orbite lunaire, la lune, dont l'inclinaison ne dépasse pas actuellement 28° 1/2, se fut assez éloignée de Fomalhaut, pour ne plus pouvoir l'occulter à aucun moment de sa révolution, l'obombration fécondante du dieu Lunus, nécessaire à l'enfantement de la période, dut chercher un autre objet, et c'est ce qui explique le passage d'Isis de Fomalhaut dans Sirius. Ce déplacement est rappelé par une image saisissante. Isis, à la recherche d'Osiris, que Typhon venait d^enfermer dans le coffre mystérieux et de lancer vers la mer, eut occasion, dit Plutarque (1), d'apprendre que son époux avait eu « par méprise » commerce avec Nephthys, leur commune sœur à l'un et à l'autre, « la prenant pour Isis : » elle en vit la

preuve dans la couronne de mélilot qu'il avait oubliée auprès de Nephthys. Elle se mit à la recherche de l'enfant, que la mère, après lui avoir donné le jour, avait aussitôt exposé par crainte de Typhon. Isis le retrouva à grand peine, conduite par des chiens, qui la dirigeaient. Elle l'éleva, et il devint son « page » sous le nom d'Anubis.

Plutarque fait de Nephthys une Vénus Victrix, Aphrodilê-JSikê, ce qui l'identifie à la divinité ichtyomorphe An et Anath, le type originel d'Isis elle-même, et il dit qu''on lui donnait aussi le nom de Teleutê, Ce mot, qui signifie la (( dernière » , ne convient déjà pas trop mal comme qualificatif à la dernière étoile que le dieu Lunus ait pu occulter à un moment donné. Quant à son caractère de divinité ichtyomorphe Énéenne, An et Anath, il est confirmé par le nom d'Anké, qu'on lui donnait en même temps qu^à Hathor, et qui était une des formes de celui d'An (1). A Latopolis, on vénérait, sous la dénomination d'Anké et sous la figure d'un poisson, une déesse qui n'était que le côté virginal de cette même Ne-

(1) Voir nos Origines de la 'Religion, t. I, p. 207 et suiv.

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