‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 74 sur 93 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

réussi à le faire accepter en Egypte, durent triompher le jour oîi ils purent dire, en s'appuyant sur une évidence : Le véritable et seul générateur de la vie des mondes, le voilà; c'est le nôtre : deus^ ecce deiis ! De là à l'exclusion totale de Fomalhaut il n'y avait qu'un pas, et ce pas, on le fit quand, par suite des changements de lever et de coucher des deux astres, on fut forcé de reconnaître que c'étaient bien deux choses distinctes.

Avant d'arriver, néamoins, à établir en fait cette distinction, avant d'opposer Nephthys à Isis dans une dualité antagonique, comme on opposa Typhon à Osiris, on dut essayer de bien ' des conciliations. La période d'Apis en était une ; la triacontaétéride en fut une autre. La première ramenait, au bout de vingt-cinq années vagues, les phases de la lune aux mêmes époques'de l'année ; la seconde, la concordance du retour de Sirius dans le crépuscule du matin avec le V Thoth ou, en d'autres termes, la concordance du mystère de la conception- avec le commencement de l'année et du cycle un même jour, ce qui faisait défaut à la période d'Apis.

Or, avec une année lunaire de douze lunaisons ou de 354 jours, cette concordance arrivait tous les trente-deux ans. En appliquant, eneffet, à l'année lunaire de 354 jours le même procédé que nous avons employé pour l'année solaire de 365 jours, nous trouvons que la variation du lever héliaque de Sirius par rapport au commencement de la première de ces années est de 365 jours 1/4, moins 11 jours 1/4. Il ressort de là que, lorsque Sirius revient au même point du ciel au terme de la révolution, il y a déjà 1 1 jours 1/4 environ que l'année lunaire est terminée. Par conséquent, au bout d'un cycle de 354 : 11 1/4, c'est-à-dire de 31 années lunaires 1/2, le retard sera d'une année lunaire complète, et la première lune suivante ramènera les coïncidences du début de la période, la lune et Sirius se retrouvant dans la même situation par rapport à nous un même jour d'une même saison. Or, trente-une années lunaires et demie, quand est venu le règne exclusif du jour, se sont trouvées réduites numériquement, et l'on a eu de la sorte une période solaire dite de trente ans en nombre rond. Ce n'est, en effet, que par

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