CHAPITRE NEUVIÈME
années solaires qu'est comptée dans l'histoire la triacontaétéride égyptienne.
Dans la période d'Apis, basée probablement sur une sorte de saros de dix-huit années, comme dans la période de trente ans dont il s'agit ici, c'est bien la lune qui est principe; mais dans le premier cas, il y a combinaison de ses phases avec le cours du soleil, pour produire le retour du premier de l'an à la même pleine lune d'un même mois d'une année vague, tandis que dans le second cas il y a retour de la conjonction de l'astre fécondateur, lune d'abord et soleil ensuite, avec l'étoile d'isis. Les deux conditions essentielles de la systématisation religieuse sothiaque, la concordance de la notation avec les saisons et le retour du 1®^ Thoth au jour de la conjonction originelle, ont pu de la sorte se maintenir assez longtemps, grâce à cette façon de compromis entre Tannée tropique et l'année sidérale. Sans ce compromis, du reste, l'accord entre les deux données eût été impossible. Aussi cessa-t-il du jour oîila donnée lunaire fut écartée et oii le Soleil demeura seul en possession de la couche d'isis. Nous avons
VU, en effet, que le retour du lever héliaque de Sirius au 1" Thoth d'une année vague de 363 jours sans bissexte ne signifiait rien de ce qu'implique le principe même du mythe isiaque.
La période d'Apis et la triacontaétéride ne se conservèrent en Egypte que dans les souvenirs religieux du sacerdoce et dans les pratiques du culte ; encore ces souvenirs et ces pratiques en avaient-ils singulièrement altéré l'idée fondamentale. Le sens de la seconde se perdit même tout à fait de bonne heure; car les panégyries de la trentième année, qui étaient assurément, à l'origine, des fêtes sothiaques, nous apparaissent dans rhistoire avec un caractère un peu vague. Il est bien vrai que, dans le composé Heb-Seth, employé pour désigner ces fêtes, l'hiéroglyphe du second terme n'est plus celui du dieu Seth; mais, quoique Lepsius et d'autres égyptologues croient devoir en inférer qu'elles n'avaient rien de commun avec cette divinité, nous n'en proposerons pas moins de considérer la différence des signes en question, comme le résultat d'une équivoque. Si les mo-