CHAPITRE NEUVIEME
numents où figure le groupe hiéroglyphique dont il s'agit ici portaient des traces de grattage, comme nous en avons constaté pour les dieux Khem et Amoun, il n'y aurait dès lors plus de doute ; mais Lepsius ne parait pas avoir rien remarqué de semblable, et, d'autre part, il assure avoir lu le groupe sur des monuments de la sixième dynastie. Il n'est donc pas possible de voir dans la différence des signes une substitution de l'époque oii le dieu Seth était devenu un étranger et un ennemi. L'équivoque à laquelle nous faisons allusion doit, en conséquence, dater d'une époque oh. le système hiéroglyphique n'était pas encore fixé. Aussi haut que l'on remonte dans l'histoire d'Egypte, avons-nous dit au chapitre VIII, on y trouve établi le culte du Soleil comme principe premier et indépendant. Les hiéroglyphes les plus anciens sont eux-mêmes témoins de cette royauté. Il ne serait donc pas impossible que, dans Heb- Seth ou la « fête de Seth » , le sens du dernier mot n'étant plus justifié par un état de choses réel, la tradition, quand furent introduits ou que se précisèrent les hiéroglyphes , ait rapporté ce
mot à un radical homophone d'une signification différente. La période que la substitution du soleil à la lune avait faite de trente années solaires n'avait, en effet, conservé aucun de ses éléments primitifs et ne devait plus rien signifier. La lune ayant disparu, la triacontaétéride manquait de base^ et tout le système s'effondrait : plus de lever de Sirius dans le crépuscule du matin au premier Thoth d'une année lunaire.
L'hypothèse que nous faisons nous paraît, en conséquence, parfaitement raisonnable. Seth, en tant que simple articulation, est bien le nom égyptien de Sirius; si, dans Heb-Seth, ce son est reproduit avec des signes différents de l'hiéroglyphe en usage pour marquer le dieu, cela peut tenir à ce que depuis l'introduction du système solaire, la fête de Seth ou du lever de Sirius dans le crépuscule au premier Thoth ayant été reculée, le sens primitif de ce terme, dans les panégyries de la triacontaétéride, était désormais perdu. Au lieu de Timage du dieu en question, puisque la présence de ce dieu n'avait aucune raison à la place dont il s'agit, Thiéro-