‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 80 sur 93 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

pinius, en 38, d'après Cornélius Valerius (1) . Nous avons, en outre, quatre médailles comméraoratives frappées à l'occasion d'apparitions diverses du Phénix : une remontant à Trajan, qui rég-nadel'an 98 à l'an 117 de notre ère; une seconde à Caracalla, qui régna de l'an 211 à l'an 218; les deux autres à Constantin r"" et à Constantin II, son fils, qui régnèrent, le premier de 323 à 337, et le second de 337 à 340. Comme ces différents retours ne peuvent, à des distances aussi inégales, avoir rien de périodique, les anciens avaient imaginé deux phénix, un vrai et l'autre faux. Tacite en fait lui-même la remarque. Après avoir rappelé les apparitions qui eurent lieu en Egypte sous Sésostris, sous Amasis et sous Ptolémée, « le troisième des Macédoniens qui régna sur ce pays » , et mentionné celle qui arriva sous le consulat de Fabius et Vitellius, du temps de Tibère, il ajoute : «Entre Ptolémée et Tibère il n'y a pas eu tout à fait deux cent cinquante ans, ce qui a fait croire à quelques-uns que le dernier n'était point le vrai Phénix d'Arabie. » A plus forte raison eût-il

(1) Pline, Hist. nat.,X, 2. — Solinus, c. xxxvi.

suspecté l'origine de ceux qu'on suppose avoir apparu dans des intervalles aussi rapprochés que de Tibère à Trajan, de Trajan à Caracalla et de ce dernier à Constantin. Il est bien évident que la plupart de ces apparitions n'avaient rien de cyclique. L'idée de renouvellement des mondes qui s'attachait originairement au Phénix s'était repliée de ce premier sens, le seul naturel, sur un autre exclusivement métaphorique et arbitraire. Tout messie désiré, après une attente anxieuse, comme celle des derniers jours d'une période ou âge divin, produisait l'effet d'un Phénix. Soit conviction sincère, comme peutêtre pour le cas de Pfolémée III et de Trajan, soit flatterie basse et servile, comme à l'égard de Tibère et de Caracalla, on honorait volontiers de ce nom des princes réputés sauveurs, ceux qui, à l'exemple d'Évergète, pouvaient passer pour des restaurateurs de la religion, ou encore d'affreux coquins dont on avait tout à craindre. On le prodigua, comme les Juifs celui de Messie, que l'historien Josèphe n'hésite pas à donner à Vespasien, un gros bourgeois lourd et avare, qui devait, pourtant, se prêter assez peu

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