CHAPITRE DIXIEME
il n'en restait qu'un morceau de la grosseur d'un œuf, dont il se reformait un nouvel oiseau, qui continuait la vie de l'autre.
De ces faits il ressort que le benno et le kholi étaient un seul et même phénix et que la distinction établie entre un vrai et un faux n'a pas d'autre base que celle que nous avons dite. Nul doute, néanmoins, malgré l'emploi abusif qui a été fait de ce symbole, qu'il n'y ait eu une période cosmique du Phénix. Quant à sa durée, les témoignages les plus sérieux s'accordent à reconnaître qu'elle était de 500 ans. Les 654 années de Suidas, dont il a été question plus haut, sont le résultat d'un faux calcul, comme on l'a vu, et ne signifient rien. On en doit dire autant des 540 ans de Pline et de Solinus, ce chiffre variant avec les manuscrits, qui écrivent, les uns GXL, les autres CLX, d'autres même XLI et XL tout simplement. Il y a bien aussi les mille ans susmentionnés du rabbin Jannée, mais ce chiffre, comme une foule d'autres exemples, ne peut s'entendre que d'une durée indéfinie.
Étant admise la période de 500 ans, quelle en était la signification?
D'après Ideler (1) et d'autres, elle aurait répondu à un tiers de la période sothiaque, soit à un tour detétraménie, de sorte que le commencement du cycle aurait tout simplement reproduit un commencement de saison. Mais en comptant 1461 années vagues pour la grande période cynique, on n'aurait, pour la vie du Phénix, que 487 ans, au lieu de 500. Gatterer (2), de son côté, supposant que les Égyptiens faisaient le mois synodique trop court de 6", estime que la période de 500 ans avait pour but de remettre en équilibre le cycle d'Apis. Au bout de 20 de ces. cycles, en effet, soit 25 x 20 = 500, on aurait ajouté un jour entier, qui était la différence survenue entre 20 fois 309 mois lunaires synodiques et 20 fois 25 années égyptiennes, et l'accord eût été ainsi rétabli. Néanmoins, comme dans les deux hypothèses, celle d'Jdeler et celle de Gatterer, le renouvellement de la période n'aurait pas ramené le 1" Thoth à son point de départ et que la notation ne signifierait plus rien, nous devons les rejeter l'une et l'autre. Nous sa-
(1) C/iron.,I, p. 183.
(2) Chronologie, p. ol.