CHAPITRE DIXIÈME
vons, d'ailleurs, paries témoig-nages cités au chapitre IX, que, conformément à cette notation, le début du cycle du Phénix doit être placé à l'équinoxe du printemps. Le retour du 1" de l'an à cette époque étant, ainsi que nous l'avons démontré, une condition essentielle de ce début, au moins dans le principe, nous devons donc chercher autre part que dans les hypothèses énoncées lexplication du système. Des Vignoles (1) a été plus près de ce que nous croyons être la vérité : il est parti d'une année semi-solaire de 360 jours, et comme, au terme de 487 de ces années, soit 480 années juliennes, le V Thoth revient exactement au jour même du point de départ de la période, il a supposé que cette période n'était bien réellement que de 480 ans, le chiffre de oOO n'étant qu'un nombre rond indéfini. On a objecté à cela qu'il n'y avait jamais eu en Ég'ypte d'année de 360 jours. 11 n'en existe pas, en effet, dans l'histoire ; mais, si des Vignoles avait prévu l'objection, il aurait pu dire que tout concourait à faire supposer qu'il
(1) Chronologie de l'Histoire, II, p. 6ol.
en avait existé une à l'orig-ine et que c'était précisément du nom Phénix qu'on la dénommait. Nous avons vu, en efFet, que le palmier était un emblème de l'année. D'autre part, le mot grec <poivi^, que l'on a tout lieu de croire dérivé de l'égyptien, désigne tout à la fois le phénix et le palmier, et la Vulgate traduit par « palma » le mot que d'autres traduisent par u cycle » et par (( Phénix » . Or, dans les Écritures des Babyloniens, avons-nous déjà dit (1), on attribuait au palmier, c'est-à-dire à l'emblème de ce même Phénix cyclique, 360 vertus, figurant les 360 jours d'une année qui a dû évidemment être en usage antérieurement à l'adjonction des cinq jours épagomènes. Nous estimons que c'est dans cette première forme que l'année a été introduite en Egypte, à une époque indéterminée, par les Proto-Sémites venus de l'Orient. Un fait, entre autres, autorise et appuie notre conjecture. Les cinq jours épagomènes étaient célébrés sur les bords du Nil, dit Plutarque (2), comme anniversaires de la naissance des dieux. Les dieux
(1) Voir p. 13.
(2) De Is. etOslr., 12.