‹ L'âge de sangChapitre 11 sur 59 · LES PATRES DE CHALDÊE H · texte numérisé non relu

LES PATRES DE CHALDÊE H

Toujours nous resterons, bardes impérissables, Les chantres dont les vers sont de célestes chants. C'est nous qui remplissons de nos voix les penchants, Et qui gravons, de nos houlettes sur les sables, La beauté des matins et l'orgueil des couchants!

Les cieux hospitaliers nous couvrent de leurs voiles. Nous n'avons jamais pu borner nos horizons; N'ayant pas habité sous le toit des maisons, Paisibles, nous dormons aux lueurs des étoiles, Fleurs éternelles, fleurs des vierges floraisons.

Nous errons dans la plaine et montons vers les faîtes.

Nous sommes des Devins et des prédestinés;

Et portant à nos fronts d'un nimbe couronnés

Le signe qui convient à tous les grands prophètes,

Pâtres divins, nous sommes des Illuminés!

f4 L AGE D ARGENT

Le Grand Rêve

TT^OVOS VE L'cAWBE

e suis l'Aube, je suis la source jaillissante D'où monte vers le ciel l'aurore éblouissante! J'annonce le réveil des futures amours; Je remplis les vieux bois de chansons familières, Je dissipe la nuit profonde des clairières, J'allume en l'univers les célestes lumières : Je suis le phare au seuil immaculé des jours.

« J'efface les chagrins et les mélancolies;

Et les douleurs, au fond de l'être ensevelies,

Guérissent sans retour alors que j'apparais.

Je couvre la nature entière de ma gloire;

Et, tout là-bas, sur le penchant du promontoire,

Je fais s'ouvrir enfin aux pages de l'Histoire

La barrière du Temps dont je tiens les secrets.

LE GRAND RÊVE f <Ç

« Fier annonciateur des moissons abondantes,

J'apporte des saisons dont les âmes ardentes

Attendent la venue avec anxiété.

A ce qui vit, à ce qui rit, à ce qui passe :

Aux fleurs comme aux roseaux inclinés avec grâce.

Aux blés mûris, orgueil suprême d'une race,

Je prodigue la force et la fécondité.

« Je suis le Temple orné de riches péristyles, Posant comme le Sphinx mes énigmes subtiles; Et devant moi l'Humanité courbe le front. Je possède les dons du Mage et du Prophète. Je guide le savant, j'inspire le poète, Et je promulgue enfin la puissance secrète A qui les ans futurs toujours obéiront. » ■

f6 l'âge d'argent

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