L'UNI
vers éveillé m'attend et me salue!
Il naît dans tous les cœurs une pensée émue, Alors que sur les monts je passe triomphal! Et portant avec moi l'âme de l'Harmonie, Plus vibrante toujours et toujours rajeunie, Léger ainsi qu'un souffle, en ma grâce infinie, J'inspire à la nature un rêve virginal.
« J'éclaire les penchants et dissipe les brumes; Je pare de rayons la frange des écumes Dont s'ornent les flots bleus par la brise agités. Je donne aux bois fleuris une chaste caresse; Je suis l'immaculée et paisible tendresse; Je viens distribuer l'innombrable richesse Qui demain comblera les lumineux étés.
LE GRAND RÊVE <jj
« J'ouvre une porte au jour sur la splendeur sonore
Des champs encor voilés des lueurs de l'aurore.
Je suis le rire clair et l'éblouissement!
Par moi, les roses sont des étoiles vermeilles
Où viennent longuement butiner les abeilles;
Par moi sur les coteaux étalant leurs merveilles,
Vigoureuse, la vigne a poussé du sarment.
« Tous les chastes désirs remplis de mon extase,
Alors que le soleil soudainement s'embrase,
Dociles, ont subi ma simple volonté.
L'homme très humblement se recueille et s'incline;
Son labeur a grandi son front et l'illumine;
Et pour montrer qu'il est d'une essence divine,
Je fais descendre en lui l'immortelle Beauté! »
f8 l'âge d'argent
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e suis le paradis des buissons et des mousses. Dans mes réduits obscurs, les fleurs, les jeunes pousses, La pâle chrysalide et le blanc papillon, Tout ce qui vit, tout ce qui rit à la Nature, L'atome imperceptible et l'humble créature Qu'un souffle vagabond en un jour transfigure, Et la source cherchant à tracer .son sillon,
« Par l'antique vertu de ma seule puissance, Acquièrent à la fois une nouvelle essence. Mes appels sont l'écho d'un songe caressant Que le cœur attendri longtemps se remémore. Et si, dans mes sentiers inconnus de l'aurore, S'égare la tempête avec un bruit sonore, La douceur de ma voix arrête le passant.
LE GRAND RÊVE fÇ
« Je suis l'antre connu des murmures funèbres,
Et l'asile ignoré des profondes ténèbres.
Je cache dans mon sein les pauvres exilés;
Je reste, en ma fierté, la grave solitude,
Et semblable au désert sans fin au sable rude,
Où la douleur retrouve un peu de quiétude,
Je redonne la vie aux rêves envolés.
a Forêt des hêtres morts, des ormes fantastiques,
Immuable forêt des visions tragiques,
Bois privés des rayons éblouis du ciel bleu;
Forêt qui survécus aux noires hécatombes,
Forêt muette ainsi que le pavé des tombes,
Forêt où l'on aura creusé des catacombes,
Je garde dans mon cœur les grands secrets de Dieu!
éo l'âge d'argent