L ARBRE DE SCIENCE
Tout va, tout s'accomplit. Les siècles passeront Sans terminer pourtant leur course furibonde; Et l'homme peinera, la sueur à son front Et le boulet au pied, en la prison du monde.
98 l'âge d'airain
L'Ho
micide
Et Caïn dit à l'Éternel : « Voici que tu m'as chassé de cette terre-ci, et je serai caché de devant ta face, et serai vagabond et fugitif sur la terre, et il arrivera que quiconque me trouvera me tuera. » Genèse, iv.
r, Caïn, une nuit, ayant marché longtemps, Eut un songe. On était au seuil du blond printemps. Vers les plaines de Nod,.à l'Orient du monde, Il avait dirigé sa course vagabonde.
De son pays natal chassé par l'Éternel, Il fuyait, maintenant marqué du sang d'Abel. Mais, le soir, harassé, s'arrêtant dans la plaine, Il s'était endormi sous les branches d'un chêne; Et, dans son lourd sommeil, il s'aperçut alors Que du sol se dressaient ses ancêtres, les Morts!
Comme animés d'un souffle émanant des ténèbres Courroucés, les Esprits aux allures funèbres Lui montrèrent les temps qui ne sont pas venus, Et que nul être encor n'avait jamais prévus.