LA TOISON D OR
La Toison d'Or
LES c4-\GO^CqAUTES
Oiécles de vains désirs, époques tourmentées, Dont nul pouvoir ne peut interrompre le cours, Argonautes hautains, galères emportées Vers des Colchides d'or dans le déclin des jours!
La Toison du bélier de Phryxus vous attire : Vous approchez du Phase aux limoneuses eaux; Mais l'éternelle nuit saura-t-elle vous dire Les secrets qu'elle garde au delà des tombeaux?
Vous avez méprisé les coups de la défaite; Et, consumés par une ardente passion, Vous ambitionnez l'inaccessible faîte, Rivés de plus en plus à votre illusion!
Vous avancez, épris d'aventure et de gloire, Mus par la volonté de toujours conquérir, Même s'il vous faudra, pour prix de la victoire, Sacrifiés d'avance, à la tâche mourir.
charme irrésistible, ô déesse Médée, Vers les autels d'Hécate, au fond calme d'un bois, Tu vins t'agenouiller, par l'Amour possédée, Toi qui sus asservir l'esprit même des rois!
Là t'apparut un jour, dans sa grâce immortelle, L'amant attendu, fils des dieux et fils d'Eson; Et dans ce fier héros qu'eût sculpté Praxitèle, L'instinct ayant parlé, tu reconnus Jason.
Tu l'avais entrevu dans ton rêve, avant même Qu'un seul mot de sa bouche eût effleuré ton cœur; Et lui, le divin Prince, à ton appel suprême, Avait senti de loin la force du vainqueur.
C'est pourquoi, subissant ta puissance secrète, Jason, vers la Colchide ayant pris son essor, Marcha, l'âme inspirée, à la double conquête De la belle Médée et de la Toison d'or.