LES ALLÉGORIES
TqAT{cAV1S TE'UREST'RJE
yant toujours vécu d'un idéal divin, Près d'une source claire où la douceur s'incline, Sans nulle ambition, il bénit le destin Qui le fit naître un jour au bord d'une colline.
Rien ne peut assombrir en lui le souvenir... . N'ayant jamais connu que ses plaines fertiles, Il ignore le sens obscur de l'avenir.
Pour s'abriter, il ne construisit pas de villes,
Car il a pour seul toit l'azur du firmament. N'étant pas tourmenté par l'envie et le doute, 11 pense sans orgueil, respire librement, Et prévient sans effort les ronces de la route.
Sa vie est toute en fleur aux jardins merveilleux Où tremble en la feuillée une lumière blonde Dont l'immortel éclat, riche présent des dieux, Transforme en Paradis de délice le monde !
Les Troglodytes
Tum primum sibiere domus : domus antra fuerunt Et densi frutices, et vinctae cortice virgae.
Ovide, Métamorphoses, lib. I.
V^y a a x d ils étaient un peuple unique sur la terre, Sans inutile haine, exempts de la colère, Respirant les matins remplis d'enchantement, La vie était pour eux sans heurt et sans tourment. Ils dormaient dans la grotte aux montagnes creusée, Libres de leurs amours comme de leur pensée.
Leur corps était couvert de peaux de jaguars. Les enfants aux berceaux airjsi que les vieillards, Ayant pour toit le ciel et comme lit la mousse, Souriaient à la nuit exubérante et douce. Ils ne tourmentaient pas leur esprit à chercher Ce que le Créateur s'obstine à nous cacher, Et regardaient grandir au sein de la nature Comme un chêne puissant une race future.