‹ L'âge de sangChapitre 44 sur 59 · PROGRES · texte numérisé non relu

PROGRES

Progrès

Siècle qui commis d'innombrables bassesses, Croirait-on sans erreur, après tant de promesses, Que tu prêches toujours l'ardente Vérité? N'avons-nous pas tenté, frères par notre haine,

Et rivés à la chaîne, D'asservir à nos lois l'entière Humanité?

Ainsi que le vautour qui plane dans l'espace. L'aviateur survole homicide et vorace :

11 déclenche sa bombe et détruit l'innocent. Tandis que repérant d'innombrables armées,

Au milieu des fumées, Un héros inconnu s'écrase, agonisant !

Quel souffle impétueux a fait vibrer leurs fibres?

Ils sont d'un même siècle et tous les deux sont libres,

Libres d'agir selon leur propre volonté.

L'un, esprit malfaisant qui massacre et supprime;

L'autre, âme magnanime, Tombant pour la Patrie et pour la Liberté!

Oui, le Progrès existe, esclave des sciences. 11 porte en lui l'amas de toutes les puissances. Prodigue des moyens injustes ou permis, Il nous fait triompher ou hâte notre chute :

Il engendre la lutte Entre tous nos désirs si longtemps endormis.

Plus cruelles encor que les conflits antiques, Les guerres d'aujourd'hui, sanglantes et tragiques, Aux mains de l'homme ont mis de plus sûrs instruments Qui rendent sa fureur savamment obstinée,

Et toujours raffinée Dans l'art de découvrir les plus rares tourments.

Les guerres d'aujourd'hui que les haines attisent, Plus honteuses pour ceux qui se bestialisent, Surpassent en horreur les combats du passé. Attila, roi des Huns, envahissant la Gaule,

N'est qu'un lointain symbole Que le siècle présent s'applique à surpasser.

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