‹ L'âge de sangChapitre 45 sur 59 · PROGRÈS 20I · texte numérisé non relu

PROGRÈS 20I

Mais de La Tour d'Auvergne, héros du sacrifice, Reconnaîtrait pourtant les épris de Justice, Ces humbles méconnus tombés tout simplement Sur un coin ignoré de la terre de France,

Unis dans la souffrance, Et dont le souvenir vit éternellement.

Capables de descendre aux profondeurs du crime, Ou de nous élever à la vertu sublime, Il nous faut croire, hélas! que les hommes jamais Ne détruiront en eux cette sauvagerie,

Qui fait leur barbarie La plus sûre raison du moderne progrès.

Mais qu'importe! Il jaillit des profondeurs de l'être La source de Beauté que l'instinct y fait naître. Et si l'homme se montre indomptable et cruel, L'Héroïsme souvent le grandit et l'inspire,

Lorsque, par le martyre, Il ressuscite en nous l'Amour universel!

Désillusion

evant le triste jour que je vois apparaître, Où s'entendent des pleurs, où s'ouvrent des tombeaux ; Devant tes grands malheurs, Siècle qui viens de naître, Et dont les premiers cris attristent les berceaux,

A cette heure, j'écoute avec un peu de crainte, Moi que la solitude attira si souvent; Car j'ai peur de comprendre aux rumeurs de ta plainte Le sens de ton blasphème emporté dans le vent.

Je me prends à douter, comme ces philosophes Penchés sur l'infini des problèmes abstraits; Et je n'ose exprimer dans mes fragiles strophes Ce que les cœurs humains contiennent de regrets.

Je me demande alors si la courte existence Que nous voyons glisser vers un but inconnu, Pourra mettre une fin à son âpre souffrance... O bonheur du passé qui n'es pas revenu!

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