L ATLANTIDE
LE CoAToACLTSmE
mbition humaine! O désirs effrénés :
Tous les malheurs dont nous demeurons solidaires, De notre seul orgueil sur la terre sont nés. Nous portons en nos cœurs des tares séculaires, Et dès notre berceau nous sommes condamnés.
Us étaient revenus de la blonde Atlantide Plongée un jour -au sein des abimes pervers; Et tous ces conquérants à l'esprit intrépide, Si longtemps attentifs aux sirènes des mers, Devant l'œuvre du Temps qui s'en va si rapide,
Se disaient maintenant : a O rêves du passé! Atlantide ou germaient de fières harmonies, O pays par la brise ardemment caressé, Et qui nous révélas des beautés infinies, Un cruel châtiment devant toi s'est dressé.
o: L'océan dont le flot lamentablement gronde
T'environne à présent de son obscurité.
Ta peine grandira de plus en plus profonde;
Tu porteras ton deuil pendant l'éternité,
Et tu n'entendras plus les vains appels du monde.
« Tout de tes projets morts, tout ce que Ton vécut, Tout de ta majesté vibrante de lyrisme, Les palais de tes bords et ton peuple vaincu, Ont du subir l'horreur d'un brusque cataclysme; Et dé tous tes enfants, nul n'aura survécu!
« On ne pourra trouver, par le chemin des âges, La place où ta splendeur éclipsait le soleil; Et les penchants joyeux qui bordaient tes rivages Ne nous hanteront plus que dans notre sommeil, Ne nous laissant que l'ombre inerte des mirages!
c Tu ne surgiras plus de ton gouffre infini
Pour proclamer ton nom aux souffles de l'espace,
Ayant été pourtant un pays rajeuni
Où vivait dans l'amour la plus antique race,
Et pour qui le malheur semblait être banni.
« Et comme les bonheurs, dont l'existence est brève, Demeureront parmi les choses d'autrefois, Tu resteras pour nous l'harmonieuse grève D'où revient par hasard le bruit des grandes voix, Comme un écho perdu dans l'océan d'un rêve. »