‹ L'âge difficile; comédie en trois actesChapitre 49 sur 81 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

m'en vouloir, — mais pas trop, ni trop longtemps. Car ce qui est arrivé n'est presque pas ma faute. Bien vrai! Je ne pensais pas à elle; elle m'éloignait plutôt avec son genre, son aplomb, sa blague froide, son air de se moquer du monde; j'étais persuadé que je lui paraissais un bonhomme tout à fait ridicule. Ab! non, je ne songeais pas à lui faire la cour! C'est elle qui me l'a faite. Parfaitement! Comment? Oh ! par des moyens on ne peut plus simples et directs. C'est une personne qui s'exprime paisiblement, mail beaucoup do clarté. J'avais beau ne pas être t'at, il n'y avait vraiment pas moyen de se méprendre BOT ISS intentions... bief, c'est elle qui a voulu de moi, et c'est elle qui m'a pris... Je n'ai pas su résister : mais je fassare que, si tu avais été là, tu aurais toi-même reconnu que, en résistant, j'aurais été par trop bête ou par trop impoli... (voyant que

Jaune ra parler.) Non, ne dis rien; ne fais pas attention à ce qui te eboque dans mon histoire; écoute jusqu'au bout, tu répondras après... J'avoue d'ailleurs que, au commencement, cela flattait ma vanité: une aventure, une liaison avec une femme à la mode... je n'avais jamais eu ça. Mais c'est une

satisfaction qui n'a guère duré; ça n'était pas assez gratuit

pour que je pusse longtemps me faire illusion... Ohl je Bais bien (pie ce n'est pas très.., élégant, très... homme du monde de parler ainsi d'une femme avec qui... Mais, ma foi, tant pis pour elle! je ne dis que la vérité, et c'est mon bonheur, c'est le tien que je défends... Donc, je me suis laissé séduire, — comme une fille des champs, mon Dieu oui! — par amour-propre, par lâcheté, par curiosité, si tu veux. Mais que j'en ai eu vile assez) et quelle existence j'ai menée ! Oh ! le bric-à-brac du mari et (montrant les bahuts du saion) les abominations dont il m'encombrait et que je n'osais pas refuser! Oh! la nécessité de mentir toute la journée! et l'argent qui filait! et la terreur d'être découvert, et l'idée que peut-être un jour tu apprendrais tout, et que je te paraîtrais odieux, et surtout que tu pleurerais, que tu sou (Tri -

rais par ma faute, ma pauvre chérie!... Et je ne l'aimais pas! mais pas du tout! Seulement je ne savais plus comment me tirer de là. J'avais fini par la prendre en horreur... Tiens, le mal que je te disais d'elle, hier, tu crois peut-être que c'était une feinte, une ruse pour détourner tes soupçons? Eh bien, non, Je le pensais. En plein!... Et maintenant je suis désolé sans doute de t'avoir fait cette peine... et de m'ètre mis clans tous ces embarras; mais au fond je suis content, je respire, parce qu'au moins c'est fini avec elle. Et je t'aime, Jeanne, et je n'ai jamais cessé de t'aimer. Je t'aimais d'autant plus que j'avais plus d'ennuis avec l'autre. Et sois tranquille, tu n'as rien à redouter de l'avenir. Si jamais on m'y reprend, avec les femmes du inonde !... Oui, je suis coupable. Oui, j'ai été nigaud, ce qui est encore plus dur à avouer. Mais je t'adore. Dis que tu me crois, Jeanne! Dis que tu me pardonnes!

JEANNE, plissant dans sos bras; presque à voix bille.

Méchant !

M AKTIGNY.

Et sais-tu pourquoi j'ai fait cette sottise? pourquoi je n'ai pas h me défendre? Parce que je ne t'avais pas assez. Parce que, toujours, entre toi et moi, entre moi et les enfants, il

y avait ton oncle. C'est à lui que nous devons les mauvaises heures que nous venons de passer. Ces! lui qui a dit à charnu

de nous, en particulier, ce qui pouvait le mieux L'indisoontre l'autre, et qui i loul (ail peur rendre noire...

malentendu irréparable... Kl liens, j'v pense, je suis sur

que c'est lui qui t'a mise au oouranl de mou histoire. Car, bonne ei confiante comme tu es. jamais de toi même tu

n'aurali soupçonné... Dis, oommenl as ta pu, hier, seo

lemenl deviner, mail avoir une certitude? C'esl lui, n'estos pa

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