‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 106 sur 254 · PAS D’AGE DE PIERRE EX ITALIE · texte numérisé non relu

PAS D’AGE DE PIERRE EX ITALIE

de diverses grandeurs, qui par leurs chambres sépulcrales rappellent ceux de l'âge Scandinave de la pierre. Mais nul ne peut dire quels objets recélaient ces tombeaux, qui paraissent appartenir à une civilisation asspz avancée. — Les pointes de flèches en pierre sur le champ de bataille de Marathon, provenaient de quelque peuplade barbare de l’armée perse, et, s'il est vrai, comme le dit M. Worsaac *, que toute la Grèce soit semée de pointes de flèches semblables et d’éclats de silex, qui se trouveraient même dans de trèsanciens tombeaux antérieurs peut-être aux Hellènes, encore est-il certain que partout fait défaut la hache en silex, sans laquelle il n’y a pas d’âge de la pierre.

L’Italie (le bassin du Pô excepté) ne nous oITrc, comme la Grèce, aucune preuve incontestable qu’elle ait eu son âge de la pierre. Les constructions cyclopéennes, très-nombreuses dans plusieurs de ces contrées, attestent la plupart l’usage du ciseau (p. 73). Homère dit en toutes lettres que les murs du palais de Circé étaient en pierres polies, et si les Cyclopes étaient de vrais sauvages, les Læstrygons, tout cannibales qu’ils étaient, habitaient une ville forte’. Les haches et les marteaux en silex sont fort rares partout (sauf en Emilie), et il en est de perforés qu’on peut attribuer à l’âge du bronze. Les pointes de flèches en pierre sont sans doute assez nombreuses dans les diverses parties de la presqu’île ; mais elles sont la plupart taillées avec assez de soin pour dater, comme celles de l’Egypte, des siècles où l’on possédait les métaux.

Ce n'est qu'au delà de l'Italie que commence la région des peuples qui ont eu leur âge de la pierre. Nous le concluons pour l’Atlas de la description qu'Hérodote nous donne des tribus libyennes, pour la péninsule Ibérique de quelques faits recueillis par l’archéologie Nous le savons très-positivement du bassin du Pô, des Gaules, des iles Britanniques, de la Germanie et de la Scandinavie.

1 Bteking, p. 35.

’ Od., 9. v. 105 et suiv.; 10, v. 80 et suiv. ; 211.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Ainsi se justifie notre division de l’empire du bronze en deux mondes : le monde civilisé sans celts, et le monde barbare à celts (p. 41).

Si, dans le monde ancien civilisé, le bronze n'a pas été précédé par la pierre, ne l’a-t-il pas été par le cuivre?

Le cuivre est si fréquent et l’étain si rare que nous devons admettre un temps quelconque, pendant lequel les peuples, métallurgistes dès leurs berceau, ont travaillé le cuivre pur. Mais l’âge du cuivre seul a certainement été de très-courte durée, car le commerce des métaux remonte à une antiquité qui nous étonne. Ainsi l’argent abondait en Egypte et dans la Terre-Sainte au temps d'Abraham , et cependant il ne se trouve ni dans ces deux pays, ni en Arabie, ni en Babylonie et en Assyrie, et les mines les plus voisines dans l’ancien monde civilisé sont celles du Pont en Asie- Mineure *.

Il est d’ailleurs hors de doute que l’industrie du cuivre a survécu à la découverte du bronze. Les ciseaux en cuivre trouvés à Thèbes sont postérieurs au dez en bronze de l’épi. — Dans les ruines de l’Assyrie, les objets en cuivre ne sont pas moins nombreux que ceux en bronze, et à iSinive on employait, semble-t-il, indifféremment ces deux métaux aux mêmes usages (ce qui, pour le dire en passant, doit nous rendre très-circonspect dans la détermination du sens technique du n’choscheth hébreu). — En Grèce, les doux en bronze du Trésor d’Atrée établissent que l’étain était bien connu en Grèce au treizième ou douzième siècle avant Jésus- Christ, et nous devons placer à une date moins reculée si ce n’est les figurines et autres objets d’art en cuivre pur que recélait le tumulus dit d'Achille’, ou les épées en cuivre

' Il y a des mines d'argent et de galène dans le Sennaar et dans le Kordofan; mais elles sont très-pauvres, et rien n'indique qu elles aient été exploitées très-anciennement. On a supposé qu’il y avait eu aux frontières méridionales de l'Egypte de riches mines d'argent que les Pharaons auraient épuisées de bonne heure et dont le souvenir se serait entièrement perdu. Mais c'est là une hypothèse toute gratuite.

* ilém. des Anliq. de France. 1814, p. 1 et suiv.

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