‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 109 sur 254 · SUCCESSION DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

SUCCESSION DES MÉTAUX

lion phénicienne, 2,15 plomb et 3,39 fer. Le fer est trèsprobablement une simple impureté accidentelle.

Enfin, les nations civilisées ont fait usage du zinc et inventé le laiton. Le laiton était connu des Hébreux depuis le sixième siècle au moins et, déjà peut-être au temps d’Homère, des Orientaux, des Egyptiens. En Grèce, le plus ancien zinc qu’on ait découvert jusques ici, est du sixième siècle. Mais le laiton, dans le sud de l’Europe, ne date proprement que de Rome et du dernier siècle de la république.

Si nous résumons les faits que nous venons de recueillir et de grouper, nous verrons 1 que les périodes de l'histoire du bronze se mesurent dans notre monde historique, comme en (.bine f^p. 27), par le nombre croissant des métaux qu'on allie.

D’abord, le cuivre pur; pendant un temps si court que cette première époque est partout très-hypothétique.

Puis, le cuivre et l'étain : à alliages variables en Egypte ; à l’alliage normal de 10 à 15 “/„ d’étain en Assyrie, Phénicie et Grèce, dans le nord de l’Europe; à ce même alliage, mais avec de grands écarts, chez les Celtes.

Ensuite, le cuivre, l’étain et le plomb, depuis une date inconnue en Egypte, en Italie, depuis le quatrième siècle en Grèce.

Enfin, le cuivre, l’étain, le plomb et le zinc, depuis une date inconnue en Orient, depuis le sixième siècle en Grèce, depuis l’ére chrétienne à Rome, et, ajouterons-nous, depuis le troisième ou quatrième siècle de cette ère en Livonie, où l’on a fabriqué du laiton longtemps encore après l’apparition sur les côtes de la Baltique des premières monnaies arabes et mahométanes.

Dans l’Europe transalpine, le bronze binaire est pour nous

' Nous nous appuyons ici sur l.iscli. Annules île la Société A' histoire et d'archéologie tnecklembnn.rgcoi.ies. 1841. p. 320, en allem.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

phénicien, le bronze avec le plomb est italiote, le laiton ou le zinc est romain, soit que les objets formés de ces diverses substances aient été apportés directement de leurs lieux de fabrication chez les Barbares de l’Occident et du fiord, soit que les relations mercantiles aient introduit chez ces peuples l'art même d'allier, de fondre, de marteler ces métaux.

Reste à déterminer le berceau de la métallurgie du bronze.

Interrogeons avant tout les traditions relatives aux origines des métaux.

Ces traditions sont toutes d'origine grecque et doivent s'entendre de l'histoire de la métallurgie en Grèce et en Asie-M meure*.

Elles rapportaient : à Cadmus la découverte des mines d’or du Rangée et l’art de couler ce métal ; — à Erichthonius celle de l'argent du mont Laurius, dans l'Attique ; — celle du fer en Crète ou en Troade aux Dactyles; l’art de travailler le fer aux Cyclopes; celui de le tremper aux Chalybes et aux Noriques; — à Cinyras la découverte des mines de cuivre en Chypre et l'invention des tenailles, du marteau, du levier et de l’enclume ; l'art de travailler le cuivre aux Dactyles, aux Cyclopes, aux Chalybes, aux Noropes ou Noriques; — l'art de couler le cuivre et de l'allier à l’étain à Scythes (d’après Hésiode), qui était lydien (d’après Aristote), ou (d’après Théophraste) à Délas le phrygien, qui est aussi appelé l’Idéen comme les Dactyles. Ajoutons que Scythes passait aussi pour l’inventeur de l’arc et de la flèche, qui d’après d’autres auraient été inventés par Persés, (ils de Persée; que la trompette d’airain était due aux Lydiens ou aux Etrusques; la cuirasse à Midiasde Messéne: le casque, le glaive et la lance aux Lacédémoniens, et la harpé ou poignard recourbé aux Thraces*.

1 Pline, Hist. nat., 7, 57. — Eusèbe, Pnrpiir. étant).. 10,6 d'après Clament d'Alexandre, Slrom., 1.

* J'ajoute que la lance ou le javelot avait été inventé par les Etoliens, et le javelot avec une courroie fjacnlum cum amentoj par Etolus. fils de Mars. Voyez sur Vamcntuni, Desor, Pain filles, p. 86 et sttiv.

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