I.TBÉRIE . I.E PONT ET LE CAUCASE
cuivre aussi bien que l’argent. Cette même contrée de Taraboli possède des mines de cuivre et de fer, et Trébizonde fabrique et exporte une immense quantité d'objets en cuivre. Plus è l’ouest, à Unieb, l'ancienne Œnoë, le sol, qui est argileux, recèle à une très-petite profondeur un fer excellent, que fondent sur place par les procédés les plus simples des ouvriers nomades. Tous charbonniers, ils émigrent d’une place à l’autre quand ils ont épuisé les bois voisins. Leur vie à demi-sauvage est sans doute une fidèle image de celle des Chalybes qui du temps de Xénophon ne subsistaient que de leurs mines de fer, et qui, vrais barbares, coupaient la tête à leurs ennemis
Ces mêmes Chalybes avaient découvert l'art de tremper l'acier, et leur nom était devenu le terme usuel et vulgaire qui désignait l'acier chez les Grecs. Ce mot ne se lit pas encore chez Homère.
L 'histoire nous apprend que trois contrées étaient célébrés auprès des Grecs pour leur acier: Sinope; la Lydie, où l'on fabriquait surtout des limes, des poignards, des rasoirs et des racloirs, et la Laconie, dont on estimait tout particuliérement les outils A tailler la pierre*. Nous venons de voir que la tradition attribuait aux Lacédémoniens l’invention de plusieurs armes (p. 166).
D’après un passage d'Ammien Marcellin ’, les Agathyrses de la Transylvanie possédaient « une grande abondance de pierre adamante, » c'est-à-dire d'acier, d’après les plus savants commentateurs.
Si de l’histoire profane nous passons aux livres saints des Hébreux, nous voyons deux fils de .laphet, Tuhal et Mésec, peupler ITbérie et la région voisine. Mésec, celui qui tire de l’arc ou qui erre de lieu en lieu, l'archer nomade, le scylhe, a donné son nom aux Musqués et aux monts Moschiques, et dans le voisinage de l’Ibérie était une Scythie, qui a valu aux
' C. Ritler, t. 18, p. 848. 898.
* Etienne de Bysance. de urhibus, au mol Larcdtemon ' 22, 8.31.
LA FAMILLE DE TlIBAL
Chalybes le surnom de Scythes. Tubal est l'homme aux scories. l’homme au cuivre ', l'héritier de la science de Tubalcain, et les Tubalides ont certainement été, comme leur aïeul, des forgerons.
Au temps d’Ezéchiel \ les descendants de Tubal ou les Ibères alimentaient de vases de cuivre-bronze les marchés de Tyr. Comme ITbérie a des gîtes d’étain, et que des objets de cuivre pur auraient été probablement peu recherchés dans cette grande cité où florissaient les arts et les métiers, on doit admettre que Tubal, au septième siècle, connaissait et pratiquait les procédés du bronze.
Les peuples métallurgiques de la famille de Tubal sont : les Ibères, qui sont pour les Sémites de l’Aramée les habitants du pays du plomb-étain :
les Chalybes, qui ont donné leur nom à Varier des Grecs; les Mosynæques ou le peuple du zinlc (p. 95); les Tibaréniens ou le peuple du laiton; les Taoches ou le peuple du plomb; les Béchires ou le peuple du cuivre (p. 101).
Les descendants de ces quatre derniers peuples et des Mosques parlent aujourd’hui le laze. Le laze est un idiome apparenté au géorgien, qui est l ibérien moderne. Les Géorgiens, d’après Bopp, font partie de la grande race indoceltique ou japhétique, et la linguistique confirme donc la Genèse, qui fait de Tubal un fils de Japhet.
A ces peuples, qui s'étendent île l’Halys au Caucase entre la mer Noire et l’Arménie, s’en ajoutent, à des titres divers, d’autres plus célèbres en histoire.
V ethnographie, s’appuyant sur certaines coutumes extraordinaires et caractéristiques, relie aux Tibaréniens les habitants non-arvas du Ghilan et du Mazandéran et à ceux-ci les Massagètes du Touran. Les Massagètes, dont toutes les armes étaient en cuivre ou bronze et tous les ornements en or, avaient une hache de la même forme que la sagaris des
1 Ad. Pictet. I. 1. p. 186.