LES PHILISTINS
dernier métal. Les Cor) liantes avaient les premiers tendu un cuir sur un cercle de bronze et accompagné de ce tambour leurs danses sacrées *.
En face de la Troade, vers le sud, était l'ile de Lemnos, dont les plus anciens habitants furent les Sintiens, qui travaillaient le fer. Comme ils parlaient, au dire d’Homère’, « une langue sauvage », nous les tenons pour des Sémites, venus de la Troade soit directement, soit après un établissement de peu de durée en Tlirace \
Aux Cor) ban tes, aux Dactyles, aux Curétes se relient intimément les Telchines de Rhodes, qui étaient les plus habiles et les plus illustres métallurgistes des temps mythiques. Ils savaient donner toutes les formes aux métaux et ils avaient fait les premières statues des dieux (p. 150).
Revenant aux Philistins, nous retrouvons, avec Ed. Roeth, un de leurs rameaux eu Carie. En effet, les Cariens sont, dans Homère, un peuple à la langue barbare, et kabi signifie, comme Péléschcth et Krétiii, les Futjilifs. Ces Cariens, excellents marins et braves guerriers, mais qui se mettaient au service d’autrui et qui ont fourni les premiers soldats mercenaires, se sont répandus des îles de la mer Egée au sud jusques en Egypte, au nord jusques à Salmydessus, à l’ouest jusques au-delà des colonnes d’Hercule, le long des cotes de la Mauritanie*.
Enfin, des Philistins ou Pélasges avaient fondé au cœur de l’Italie Carséoles, la Ville du Renard, et au fond de l’Adriatique, près des Fosses Philistines, la célèbre cité d’Adria.
Quant aux Phéaciens d'Homère, si nous écartons tous les mythes qui les enveloppent (p. 134), nous reconnaîtrons en eux des Sémites qui , à une date très-reculée, s’étaient établis d'abord en Sicile et eu avaient été chassés par les indigènes aux mœurs barbares5.
' Nous renvoyons à l'ouvrage de 11. Rossignol pour les citations.
* II, 1, v. 594; Oïl. 8, v. 294.
* K ruse. Ilellas (en allein.), t. 1, p. 333.
* Movers, t. 2, p. 18 et suiv.
* O d. 6. v. 4 et suiv.
LES PHÉNICIENS
Partout où nous rencontrons des Pélasges, des Cariens, des Telchines, des Corybantes, des Dactyles, des Curètes, des Crétois, des Sintiens, des Cyclopes architectes, nous saluons en eux des Sémites, nous soupçonnons des Philistins, et nous admettons qu’ils font usage du bronze normal.
TI. Les Phéniciens1.
Phéniciens et Altopbyles des temps mythiques : Cadmus, Phinée, Danaiis.
Phéniciens des temps historiques: t* Sidoniens ; leurs ouvrages en brome battu, en or, en argent, en ambre ; provenance de leur cuivre et de leur étain. Leurs colonies dans la mer Egée. Allophy lie libyenne avec Malte pour centre. Phénicie pyrénéenne et alpine. — 2° Les Tyriens. Leurs vases en brome coulé. Leur monnaie privée d'argent. Acier, ivoire, ébène des pays du sud. Epées de brou/c et non d'acier. — Carthage, ses mines, sa monnaie de cuir. — ('.a dès.
Au sud de la Palliochide, au nord de la Phiiislie habitaient les Phéniciens, qui étaient cananéens comme les Héthiens, les célèbres métallurgistes du Ta-Néter.
Les Phéniciens des temps mythiques sont des Sémites à demi égyptisés, des Allophyles, ainsi que l'indique leur soidisant généalogie, où Baal et ses adorateurs s'unissent à des personnifications de la Libye et du Nil. Nous ne parlerons ici que de Cadmus, de Phinée et de Danaiis.
Cadmus ou Y Oriental a pour épouse Hermione; qu’on dirait venue de l’Hermon où l’on place les Cadmoniens. Il est un sidonien, mais c'est du Delta du Nil qu’il va s’établir à Tliébes en Béotie. Il fonde des colonies à Rhodes, à Théra, à Tliasos, à Samothrace, en Tlirace, où il ouvre les mines d’or du mont Pangée. Il partage avec les Curètes de Crète et les Dactyles de l’Ida l’honneur d’avoir apporté aux Grecs la métallurgie asiatique (p. IG6). On faisait de lui le fondeur qui avait le premier travaillé en grand, purifié, allié, jeté dans le moule les métaux, et l'on appelait même de son nom le zinc cadmie (p. 95). Dans sa vieillesse i avait dù chercher
1 M avers; Nilssnn; Kenner (p. 181).
LES PHÉNICIENS
un asile en Illyrie, vers l’Adriatique, la mer de l’ambre. On disait aussi qu'il avait fondé cent colonies sur les rives des Syrtes.
Phinée était roi à Salmydessus (p. 141) et père des Paphlagoniens et des Bithyniens. La Bilhynie possédait des mines d'argent , et peut-être en existait-il aussi à Chalybé (p. 169), capitale des Thraees Astiens qui habitaient les côtes escarpées de la mer .Noire entre Salmydessus et Byzance. Or le mythe dit que Phinée enterrait à mi-corps ses fils et les fustigeait jusques à la mort. Ses fils étaient des ouvriers mineurs, et Phinée est le plus ancien maître d'esclaves au fouet impitoyable dont la tradition ait gardé le souvenir*.
Danaiis est un Allophyle venu d'Egypte en Argolide. Les monuments de Mycènes de la période achéenne nous offrent trois particularités fort remarquables :
le revêtement intérieur d'un édifice en plaques de métal que fixaient aux murs des clous de bronze, selon le mode de construction des Assyriens (p. 197), qui, d'après Homère’, aurait été aussi celui des Phéaciens ;
la voûte égyptienne et phénicienne par encorbellement (P- 77);
sur les colonnes, des ornements en spirales, eu zigzags, en cercles, en ondes, qui ne sont point étrangers à l’Assyrie (p. 197) et à l’Egypte, et que nous retrouverons dans l’ouest et le nord de l’Europe.
Les Phéniciens des temps historiques, resserrés entre le Liban et la mer, étaient appelés par leurs ports de mer à se vouer à la navigation et au commerce. Pour eux comme pour toute l’antiquité’, la richesse par excellence, c'étaient les métaux, et ils ne demandaient aux peuples étrangers chez qui les portaient leurs navires, que de l'or, de l’argent, du cuivre et de l’étain. Mais en échange de ces trésors ils de-
1 Du temps de Strahon (7. 6) existait encore une Phinopolis. » Od. 7, v. 86.
1 Pline, Uixt. nat. 33, 1.