‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 130 sur 254 · SIDON · texte numérisé non relu

SIDON

raient offrir, comme disait Homère', «dix mille objets de grand prix», et ces objets, c’étaient, a'.ecdes verroteries, ces mêmes métaux transformés par l’ir.dustrie, les uns en colliers et en vases de luxe, les autres et armes et en ustensiles (p. 121). I.es Phéniciens ne tardaient d’ailleurs pas à s’établir dans les pays étrangers, et leurs colonies, qui de la côte étendaient leurs relations à des distances inconnues dans l’intérieur des terres, étaient toutes situées, ou dans un district de mines, ou sur la route d’un commerce alimenté par les métaux.

Sidon est dans Homère la cité « riche en cuivre-bronze », et les Sidoniens sont de très-habiles métallurgistes. Sur leurs vaisseaux noirs, ils apportaient aux Grecs des colliers d’or ornés d’ambre, et des vases d’or et d’argent qui étaient, non fondus comme ceux des Hébreux au di sert du Sinaï, mais frappés au marteau*. Ils faisaient par leur grandeur l’admiration des étrangers. Un de leurs cratères d'argent contenait six mesures5. Ces vases étaient sans doute pareils à ceux que les Louten envoyaient en tribut aux rois d’Egypte, à ceux que Josué trouva dans Jéricho (p. 183), à ceux dont plus tard le roi araméen de Hamalh fit présent à David (p. 92). Ils étaient artistement ciselés , ou plus grossièrement travaillés au repoussoir (p. 1 96). L’or servait à orner les vases d’argent (p. 180) elles boucliers, ainsi qu’à recouvrir de minces feuilles les vases sacrés en bronze et les statues des dieux (p. 189). De semblables feuilles d’or ont été retrouvées dans les ruines de Ninive.

Sidon lirait son étain d’abord de l’Orient (p. 105), puis de l'Occident (p. I II), et son cuivre de Chypre (p. 93). Le roi mythique de cette île, Cinyras, avait, au temps de la guerre de Troie, opéré une révolution dans l’exploitation des mines et dans les travaux de la forge (p. 16R). C’est ce même Cinyras qui avait donné au grand Agamemnon une cuirasse ornée d’or

« Od. 15, v. 416.

* Il y a là une discordance qui appelle un sérieux examen el dont je ne puis rendre compte.

* Od 15. v. 416. 424 460; II. 23. v. 740.

LES PHÉNICIENS

et d’étain. Cet étain n’élait-il pas un mélange «l’étain et d'argent offrant aux armes ennemies une résistance plus grande que l’étain pur, et le cassiteros des Grecs ne signifie-t-il pas comme leur chalkos, tantôt le métal pur, tantôt ce môme métal allié à d’autres? D’ailleurs, si la cuirasse de Cinyras atteste que le commerce apportait l'étain aux Chypriotes, rien n’indique que leur île ait été, comme le suppose M. Philips, le foyer d’où le bronze se serait répandu par les Phéniciens dans tout l’Ancien-Monde.

Des neuf royaumes qui se partageaient l’ile du Cuivre, cinq avaient été fondés par des Sidoniens. Ces Phéniciens dominaient pareillement à Rhodes, qui s’illustrait par sa métallurgie. Ils avaient envoyé des colonies dans l’ile de Crète. Ils exploitaient à Mélos un excellent alun et des mines inépuisables de soufre. Mais surtout ils affluaient vers le fond de la mer Egée où les attirait l’or de Thasos et du Pangée. Thasos nous parait avoir été le centre d’une Nouvelle-Phénicie ou plutôt d'une Nouvelle-Allophylie septentrionale, qui embrassait la mystérieuse Sam'olhrace, le Pangée avec ses Cadméens, I.emnos et ses barbares Sintiens, la Troade et ses Dactyles, Salmydesse et la Bithynie avec Phinée et ses fils. De Thasos, d’après Movers, une route de commerce, marquée par des colonies sémitiques, aboutissait à Buthoc sur la mer de l’ambre. Vers le nord, les Sémites de la Thrace, nous l’avons dit (p. 141), étaient en relations mercantiles avec le Danube, où ils apportaient leurs ouvrages en bronze. Aussi ferons-nous remonter au douzième ou au treizième siècle l’âge du bronze qui dans la Hongrie a succédé à Page du cuivre pur (p. 33).

A cette Nouvelle-Allophylie septentrionale correspondait au sud une terre pareille dont le centre était Malte. Malte avait été colonisée par les Sidoniens, qui avaient en outre fonçjé la Vieille-Carthage et civilisé la Sicile. La petite île de Malte, ainsi que celle de Gozzo, est singulièrement riche en ruines d’un style mi-sémitique, mi-libyen. Au temps de Dio dore* elle était encore une terre toute phénicienne, célèbre

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