‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 131 sur 254 · CHYPRIOTES DANS LE DAUPHINÉ · texte numérisé non relu

CHYPRIOTES DANS LE DAUPHINÉ

par son commerce, auquel la conviaient sa situation et ses excellents ports, par ses toiles de coton * et par ses grandes richesses. Malte est pour nous le foyer d’une civilisation liby-sémitique qui s’est propagée sur les plateaux de l'Atlas, en Sardaigne, aux Baléares, en Espagne et jusques en Irlande’.

Enfin, les Sidoniens, en se retirant de la scène du monde, avaient légué aux Tyriens vers le nord-ouest une troisième terre sémitique, que nous connaissons déjà, et qui comprenait les Pyrénées, l’Ebre, la Biscaie et la Garonne, ainsi que les Alpes méridionales. A une date fort reculée les mines du Dauphiné ont été exploitées par des Sémites qui adoraient non le Baal de Sidon ni le Melcarth de Tyr, mais la déesse suprême de Chypre. Dans la chaîne des Rousses est une foule de très-vieilles mines de cuivre gris, de galène et d'or qui ne sont l’objet d'aucune légende quelconque. On y a découvert récemment les ruines d'un établissement métallurgique, d'un fort où demeurait quelque Phinée, et d’un bagne. Près de là est une chapelle de saint Nicolas où les jeunes filles et les veuves viennent faire leurs prières à genoux sur une pierre aigue et conique toute pareille au symbole d’Astarté qu’on adorait à Paphos*. — Entre les Alpes et les Pyrénées les côtes du golfe du Lion sont riches en murex que les vaisseaux de Tyr venaient pécher pour ses manufactures de pourpre dès les premiers temps de sa thalassocratie.

Vers l’an 1200 avant Jésus-Christ Sidon fut détruit par un roi d’Ascalon, et Tyr succéda à sa mère dans l’empire des mers.

Tyr recevait son étain des Cassitérides, d’abord par les

1 Elles sont mentionnées pour la première fois dans l'histoire de Jéhu, 2 Rois 10, 22 ; d'après Movers.

* Pour M. le chevalier G. des Mousseaux, Malte est le point où convergent et se rencontrent à une époque lardive toutes les civilisations de la Méditerranée. Elle est pour nous le point d'où, à une date trèsancienne, elles ont divergé et rayonné.

1 Fournet, p. 428.

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