I.KS PHÉNICIENS
routes des Pyrénées qu'avaient ouvertes déjà les Sidonieus, et plus tard par Gadès, fondée vers l'an 1 100, quatre-vingts ans après la prise de Troie.
Avec l'avénement de Tyr s’opéra, semble-t-il, une révolution non seulement dans les routes du commerce de l’étain (p. lit), mais aussi dans la métallurgie du bronze. Les Sidoniens faisaient leurs vases de plaques martelées et frappées : Hiram, l'artiste tyrien de Salomon, jette dans des moules tous les vases de métal du temple, et même l’immense mer de bronze, qui était ornée tout autour de figures en relief et portée par douze bœufs de même métal.
Les Tyriens passaient pour avoir inventé la monnaie, divisé l’unité monétaire en ses fractions et marqué les pièces de métal du signe de leur valeur. Mais leur monnaie était pour ainsi dire une monnaie privée : les marchands avaient chacun la leur, dont le cours dépendait du crédit de leur maison. Elle était d'ailleurs d’argent, et non d’or ni de bronze. Tyr n'exploita point les mines d'or de l’Espagne; mais elle y puisait à pleines mains l’argent, qui devint la source de sa richesse, de sa grandeur et de sa puissance. Avec ce métal précieux elle put payer les marchandises de toute espèce qu'on lui apportait d’Asie, d’Afrique et de Grèce, et à l'échange desquelles elle n’aurait pu suflire avec les produits d’un sol très-restreint, ni même avec ceux de son industrie, d’ailleurs trés-active Ainsi s’explique comment, dans la propl étie d’Esaïe (au chap. 23f), Tarsis est en quelque sorte Y aller ego de Tyr, et les navires de Tarsis les représentants de tout son commerce
Parmi les marchandises que Tyr voyait affluer sur ses marchés au septième siècle, où déjà elle penchait vers son déclin, nous noierons, avec les quatre métaux de Tarsis (p. 117) et les vases en cuivre-bronze, de Tubal et de Mésec (p. 171), les marchandises qui arrivaient du Sud, de l’Arabie, de l’Afrique orientale, de l’Inde, de Ceylan *. C’étaient un
' Kenncr, p. 39.
* Ez. 27.