‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 133 sur 254 · TYR CARTHAGE · texte numérisé non relu

TYR CARTHAGE

1er luisant qu’on suppose être de l’acier, et qui, s’il n’est pas le fameux acier de l’Inde, le icoots (p. 37), trahit l’existence dans l’Yémen d’une métallurgie trés-avancée dont l'histoire n’aurait gardé aucun souvenir; l'ivoire, dont le commerce, d'après la linguistique \ remonte à une très-haute antiquité; et l’ébène, que l’Egypte connaissait déjà sous sa dix-huitième dynastie (p. 181) et qu’on prétend, mais par erreur, avoir retrouvée dans nos palafittes suisses.

Tyr avait été supplantée dans l'Occident par sa fille Carthage, quand elle fut conquise par Nébucadnésar en 585. Détruite une seconde fois par Alexandre en 319, elle disparait de l’histoire sans nous laisser le moindre échantillon de ses bronzes et de ses armes. Mais Carthage nous vient en aide par les épées en bronze que ses soldats ont laissées sur le champ de bataille de Cannes’, et que M. Wilde a jugées toutes semblables à celles des antiques tombeaux des Mes Britanniques. Il parait donc qu'en l'an 216 les Phéniciens de Carthage n’avaient point encore échangé l’épée de bronze contre celle d’acier. Mais celte épée d'acier n’a été connue ni djes Assyriens ni des Hébreux (p. 197 et 193), et nous concluons de cette triple coïncidence que les nations sémitiques et tout spécialement les Phéniciens de Carthage et de Gadés faisaient usage d’épées en bronze à une date où les Grecs, les Romains, les Gaulois avaient déjà depuis plusieurs siècles des épées de fer ou d'acier.

Carthage est connue, dans l’histoire de l'industrie, non par ses bronzes et en général par sa métallurgie, ni, comme

' Eléphant, en sanscrit ibiia; en liébr. habbim ; en égyptien ebc ; en latin fitoirej eblr; en grec elephas, comme si le sanscrit ibha était arrivé aux Hellènes par l'intermédiaire des Sémites qui l'auraient fait précéder de leur article al. Le terme hébreu et éthiopien sage est isolé.

*11 faut cependant noter que Polybe (3, 34) dit: «Les Africains « étaient armés à la romaine, Annihal leur ayant donné les armes trou- » vées parmi les dépouilles de la dernière bataille. » Mais Tite-Live (22, 46) restreint le fait: « ...armés en grande partie à la romaine. » D'ailleurs les Romains, longtemps avant les guerres puniques, ne faisaient plus usage d'épées de bronze.

LES PHÉNICIENS

Sidon, par ses verreries, mais, comme Malte, par ses tissus et sans doute aussi, comme Tyr, par ses pourpres. Elle ne paraît pas non plus avoir jamais fait elle-même le commerce de l'étain, qui, par terre, était entre les mains des Gaulois, des Etrusques, des Rhodiens d'Ibérie, des Massalioles, et, par mer, entre celles des Gaditains. D'ailleurs, Carthage exploitait dans son propre territoire des mines d’or, d'argent, de plomb et de cui\re. Elle avait inventé une monnaie en peaux, qui préludait en quelque sorte au papier-monnaie, et dont M. Nilsson croit avoir retrouvé des débris en Scanie dans des tombeaux de l'âge du bronze.

Gadès, dont la fondation avait précédé de quelques années celle dTtique et de [très de trois siècles celle de la Nouvelle-Carthage, survécut de cinq siècles à la grande rivale de Rome. Elle attirait à elle les trésors métalliques de l’Ibérie pour les verser dans le sein de Tyr, sa métropole. Les marchands tyriens, en naviguant le long des côtes méridionales de l’Espagne, avaient appris que les mines d'argent les plus riches étaient situées par delà la Sierra-Névada, dans le bassin d’un grand fleuve, le Bætis, et ijs en cherchèrent l’embouchure, où s’éleva bientôt Gadés. Les marins de Gadès négligèrent les côtes atlantiques de la Mauritanie, pauvres sans doute en métaux ; c’est à peine si ses pécheurs s'avançaient jusques au Lixus sur leurs barques, dont la proue était ornée de l’effigie d’un cheval '. Aussi les trois cents villes phéniciennes et carthaginoises de ces rives n’étaient-elles déjà plus que des ruines au troisième siècle avant Jésus-Christ. Le grand commerce maritime de Gadès se faisait, à l’est avec la Méditerranée, et au nord avec la Bretagne , où les bronzes de ses fabriques s’échangeaient contre de l’étain et des pelleteries (p. 121).

• Shab. 2. 3, 4.

LES LYDIENS ET LES TYRRHIvNIENS

VII et VIII. Les Lydiens et les Tyrrhéniens.

Première monnaie d'Ktat. Résolution dans le commerce asiatique. Les Lydiens maîtres des artistes grecs dans l'art d'allier, fondre et souder tes métaux.

De Gadès nous revenons à Tyr; de Tyr nous traversons sans nous arrêter nulle part l’Aramée, la Cappadoce, la Cilirie et le pays des Solymes, qui cependant sont autant de terres sémitiques, et nous ne nous arrêtons qu’en Lydie.

Les Lydiens sont dans la Genèse des frères d’Assur, et les écrivains profanes les relient étroitement, d’une part, aux Assyriens, d’autre part, aux habitants de la Terre-Sainte, que nous savons avoir été d’autres Lydiens (p. 182). Le peuple qui s’est établi au Tmole et dans la vallée de l’Hermus, arrivait du Tigre et de l’Euphrate, et il était accompagné par les Tyrrhéniens, que nous croyons (avec M. Hamilton, le Christophe Colomb de l’Asie-Mineure) être issus de Tharé, le père d’Abrahain , et que nous retrouverons en Etrurie.

Dans l’histoire de la métallurgie, les Lydiens de Sardes sont connus pour avoir, au dire des Grecs, inventé l’art d’allier le cuivre et l’étain (p. IGG). Cette gloire appartenait plutôt à leurs frères de la Terre-Sainte (p. 1 8C) , dont ils étaient au reste les héritiers.

Ces mêmes Lydiens avaient, vers l’an 800, les premiers de la terre entière, non plus fondu et moulé, mais frappé la monnaie, émis une monnaie d'or ou plutôt d’électre, et marqué leurs statéres du signe officiel de leur valeur. C’est ainsi que le système phénicien de la monnaie privée fut peu à peu remplacé par celui de la monnaie d’Etat, qui ne tarda pas à être introduit par Phidon (730) dans le Péloponnèse et par Syracuse (700) dans la Grande-Grèce.

Cependant la dynastie entreprenante et belliqueuse des Mermnades, contemporaine de la dynastie non moins ambitieuse et conquérante de Sargonides à Ninive, détourna de Tyr et attira vers Sardes les routes du commerce asiatique,

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