‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 141 sur 254 · L.V ORÈCK · texte numérisé non relu

L.V ORÈCK

métallurgie de l'or ni do l’argent, du cuivre ni du fer ail fait au cinquième siècle aucun progrès sensible.

Le plomb, que ne possédait pas Vulcain, ne fait son apparition dans l'industrie grecque que peu de temps avant Philippe de Macédoine, le père d'Alexandre ; ce fut alors que l'on commença à émettre en Grèce des monnaies de cuivre, étain et plomb à l'imitation de celles de l’Italie (p. 161). Les proportions de ces trois métaux varièrent beaucoup sous les successeurs d’Alexandre. On accuse en particulier les Ptolémées d’avoir effrontément altéré les monnaies et d’être les inventeurs du potin. L’ère macédonienne serait donc celle de la monnaie de cuivre et de l'usage habituel du plomb, comme elle est aussi celle des statues colossales et du plein développement de la statuaire en bronze binaire.

Le zinc et l'orichalque sont restés en quelque sorte étrangers à la Grèce, malgré sa situation géographique entre l'Egypte et la Syrie qui avaient leur kasabel ou chaschmal (p. 1112), et l’Italie où nous les retrouvons sous les Césars. L’objet en zinc le plus ancien qu’on ait rencontré en Grèce*, vient de Camiros, ville homérique de Pile de Rhodes qui fut détruite cinq siècles avant notre ère, et dont les ruines ont été tout récemment découvertes. C’est une Pompeï hellénique où l'on peut suivre toutes les transformations par lesquelles l'art asiatique ou sémitique s’est dépouillé de ses caractères primitifs et a pris ceux du génie grec. Dans ces débris était un anneau d’argent creux, qui était rempli non point d’étain comme on pouvait s’y attendre, mais de zinc, métal fort rare, qui venait d’Orient. Théophraste, né 374, est d'ailleurs le premier écrivain grec qui fasse mention de l'orichalque historique ou du laiton.

La métallurgie des Hellènes a eu son Far li es! ou plutôt son Moriaud, comme nous avons vu le Caucase avoir le sien.

' Renie archéologique, 1861.

LA URfiCE SCYTHIQUE Î21

Par les colonies grecques elle s'est propagée en Crimée et dans la Russie méridionale, où elle s’esl rencontrée avec la métallurgie du Caucase y apportant ses laminoirs (p. 177). Nous ne citerons ici que le tumulus de Panticapée, tombeau d’un roi scythe du cinquième ou du quatrième siècle avant Jésus-Christ. Il contenait, sans parler de cent vingt livres pesant d’or : une couronne en or; des silex avec lesquels on s’était fait des incisions; des anneaux en bronze; des idoles en électre: une épée et une strigile en fer. Les bronzes de la Russie méridionale sont la plupart à l’alliage de 10 à 12 °/„ d’étain ; ceux qui contiennent du plomb, sont suivant nous plus récents que les autres. Mais nous ne nous arrêterons pas à étudier cette sous-division de notre province javanique du bronze. Nous rappellerons seulement que c’est à travers ces contrées que vers l’ère chrétienne le commerce de l’ambre a fait affluer les monnaies grecques du Pont-Euxin sur les rives sud-est de la mer Baltique. Ces médailles sont de cuivre et étain, ou de cuivre, étain et plomb, sans zinc.

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