‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 148 sur 254 · LES BRONZES ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

LES BRONZES ÉTRUSQUES

égyptiennes ou présentent des ligures de nègres. Des scarabées en pierres précieuses, en argile, en bronze, des canopes en argile, qu’on trouve dans les tombeaux de la Toscane, sont des imitations indigènes de modèles égyptiens. C'est à l’Egypte encore autant qu’à la Phénicie, que les Etrusques devaient l'art de fondre et de souffler le verre, de le colorer en bleu, de vitrifier l'argile, d’imiter par l’émail les pierres précieuses, et les ornements de leurs verreries étaient entr'autres le lotus d’Egypte, ou des caractères hiéroglyphiques , ou le groupe babylonien du lion saisissant la gazelle qui s'enfuit.

Les Etrusques d’ailleurs excellaient dans l’art de graver des pierres précieuses, que le commerce seul pouvait leur fournir; ils se plaisaient à tracer des dessins réguliers sur des œufs d'autruche et à travailler l’ivoire, qu’on leur apportait d’Afrique; ils convertissaient l’ambre de la Baltique en grains de colliers.

Les Etrusques ont fabriqué des celts en bronze, mais ces instruments sont extrêmement rares dans leurs tombeaux. Ils différent beaucoup des celts transalpins. Nous n’en connaissons qu’un seul à ailerons, trouvé prés de Bologne, par M. Gozzadini. Tous les autres ont la partie supérieure perpendiculaire au manche à coulisse, et fort large, la forme peu évasée, les côtés et le tranchant pour ainsi dire rectilignes; ou bien ce sont de longs et étroits ciseaux. On dirait de libres imitations des celts du Pô.

Le bronze a été le métal favori des Etrusques. Ils le martelaient à la manière des Sidoniens (p. 203) pour des ouvrages de grandes dimensions, et en réunissaient les pièces par des clous sans soudure. Ils faisaient usage, comme les Assyriens (p. 190), de coins, d’étampes pour imprimer au marteau sur le bronze les dessins identiques qui le décorent. Les objets plus petits étaient fondus.

Nous ne dirons rien de la métallurgie helleno-étrusqne. Nous rappellerons seulement que les plus anciennes monnaies sont du siècle de Numa. Elles étaient de lourdes pièces de bronze, as t/rave, trop massives pour être frappées

L'ITALIE

comme l’étaient celles en argent de Phidon ou de Syracuse*. Elles étaient oblongues, avec le type d'un bœuf; plus tard on les fit ovales et enfin rondes, l.es monnaies d'argent de Populonia ne datent probablement que du troisième siècle avant Jésus -Christ. Elles sont fort rares, ainsi que celles en or.

La nation étrusque a succombé pendant son âge du bronze et avant d’être entrée dans celui des épées de fer. Au moins pendant la seconde guerre punique, Populonia livra-t-elle aux Romains du fer, mais non des épées en fer mou ni en acier, et Arretium, qui était la principale fabrique d'armes, des milliers de boucliers, de casques, de javelots, de piques, de haches, de pioches, de faux, et pas une épée ni de fer ni de bronze*. Les Etrusques fabriquaient bien certainement des épées de bronze, mais les Romains n'en faisaient point usage, et forgeaient sans doute eux-mèraes leurs épées d’acier avec le fer de Populonia.

Si l’on en jugeait uniquement par leurs ruines et leurs tombeaux, on dirait que les Etrusques ne faisaient, comme les Egyptiens, presque aucun usage du fer; caron n’a trouvé dans leur pays que quelques épées non aciérées et un petit lion en fer. Us exploitaient bien depuis longtemps les mines de I’ile d’Elbe, mais ils ne savaient pas en convertir le métal en acier et n’en faisaient que des outils. Ils en transportaient sur le continent à Populonia d’immenses quantités pour les fondre. « Le fer de Pile d’Elbe, nous dit Diodore*, » est converti dans des fourneaux faits avec beaucoup d’art » en des pièces de fonte de la forme de grosses éponges. » Des marchands transportent celle fonte par mer à Dicéar- » chée (Pouzzoles) ou dans d'autres marchés. (Des entrepre- » neurs) achètent ces chargements, les livrent à de nombreux » ouvriers qu’ils ont réunis, et les convertissent en des ou- » vrages en fer de toutes formes. Ils donnent aux uns des » figures d'oiseaux, et forgent les autres en pioches, en

1 L ies grave île Vicarello avec zinc lue parait bien étrange.

5 Tite-Livr 28. là.

Page 1