LES PHÉRÉSIENS
Astarté était bovicorne. Elle était adorée à Ascalon , qui était devenue une des principales villes des Philistins , et même tous les Philistins l’avaient en très-grande vénération 1 . Sur les bas-reliefs égyptiens, ils portent des casques à cornes qui témoignent de leur dévotion à cette déesse.
Dans les mythes comme sur les médailles, Persée est armé de la faucille ou faux du grand dieu Saturne. Un dieu sémitique, Saturne ou Hercule, portait chez les Egyptiens et les Lyhiens le nom de macar, celui qui coupe , qui coupe avec la faucille. Nous faisons de ce Macar le synonyme de Persée et le dieu des Phérésiens
• Ce Macar joue un grand rôle dans l’histoire primitive des peuplades grecques , et son nom en grec a pris le sens de bienheureux. Persée était donc un dieu bienfaisant. Or les Lyhiens, dit saint Augustin, « entendaient par nanphanum un homme dont le pied porte bonheur», et en Egypte Persée avait laissé l’empreinte de son pied à Chemmis, où il avait un temple.
Nous reconnaîtrons donc la présence des Phérésiens et suivrons leurs migrations à l’empreinte du pied de leur dieu, au]nom de Macar et à celui de Persée, comme aussi à leurs mégalithes et aux cornes symboliques de leur Astarté.
A Joppé, Persée avait délivré d’un monstre marin Andromède, la fille de Céphée. Céphée est la personnification des Ifavi-m, peuple camitique qui avait occupé la cède avant l’arrivée des Philistins. Comme dans les langues du nord de l'Afrique aït signifie tribu, peuplade (p. 199), la tribu de Joppé , ait Joppé a donné son nom à la race immense des Eth-iopiens. Ces Ethiopiens ou Havim ont pu aisément mêler leurs mythes avec ceux des Phérésiens, leurs voisins.
Du Ta-Néter nous dirigeons nos pas vers le nord. La Palliochide ou la Philistie septentrionale avait vu s’établir dans ses riches vallées des essaims de Phérésiens; car le nom de Pharès y est encore vivant', et un district des Ansariens porte celui de Kadmus ou des Ludites cadmoniens (p. 291).
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* C Ritler. t. 17. p. 877 937.
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Les l'Iiérésiens ou Lydiens d’Asealon ont fondé à Cythère le temple et le culte de Vénus-Astarté-Dercéto, et ils auront donné à une rivière de la Crète le nom de Jardanos ou Jourdain (p. 183).
Rhodes et les îles asiatiques de la mer Egée portaient le nom des iles des Macares, c’est-à-dire du dieu des Phérésiens.
l’ersée avait conduit en Argolide une colonie phérésienne, dont le culte avait un caractère éminemment oriental.
Ce même Persée était adoré comme un dieu indigène dans les villes maritimes et marchandes du Pont-Euxin, sur les côtes septentrionales de l’Asie mineure*.
Au nord-ouest de cette mer, près des rives du Tyras (Dniester), était l’empreinte d’un pied divin qui mesurait en longueur deux coudées. C’était celle de Persée et non d’Hercule*, et elle nous conduit par une route septentrionale vers les contrées riches en or des Agathyrses.au sud desquelles passait la grande route salmydessienne du Danube. La Transylvanie aurait donc été abordée de deux côtés opposés par deux peuples sémitiques.
Mais ce n’est pas vers le Pont-Euxin et les Carpathes que s'était porté le grand courant des peuplades phérésiennes.
l'ne de ces tribus s’était fixée au milieu des Misréens à Chemmis ou Panopolis dans la Haute-Egypte.
Des rives du Nil, cette race voyageuse s’était répandue vers l’ouest le long des côtes de la Méditerranée, dans la Libye, qui est riche en piliers et en bilithes. De la Libye un courant de retour amena leur dieu Macar sur les côtes occidentales de la Grèce*.
Le Macar de Libye aux pieds bienfaisants avait pour fils Sardus, qui a peuplé la Sardaigne, sarad, d’après Bochart, en sémitique signifie empreinte du pied, et tel est en effet le sens du nom grec de cette île, Ichnuse ou Sandaliotis.
1 Movers, t. 2. p. 289.
* Herod. 4, 82. Cornp. C. Ritter. Propylées, p. 311 (en allem.)
* Je résume ici eu deux lignes tout un chapitre d une dissertation inédite sur Macar.
US PHËRËSIENS
Mais au fond «lu golfe deTarente, à Pandosie, on montrait l’empreinte sacrée du pied d’Hercule. Hercule a pris ici, comme au Tyras, la place de Persée, et nous devons faire arriver d'Asie ou plutôt de Libye des Pliérésienssur les côtes méridionales de l’Italie comme en Sardaigne.
Le cycle des mythes de Persée avec les Grées et les Gorgones, a pour théâtre l'Atlas. D’après Salluste, les Perses, eu se mêlant aux Gélules, ont formé la nation des Numides , et les terres des Numides sont aujourd’hui encore couvertes de dolmens (p. 68). Hercule avait conduit vers l’Atlas lesPhaurusiens, et de nos jours Paris passe pour avoir fondé la ville de Fez. Vers l’ère chrétienne, les Phaurusiens disparaissent à nos regards au sud du Maroc dans les déserts du Sahara, et au delà de ces mêmes déserts sont aujourd’hui le pays de Fouradou et le peuple des Foulahs.
Varron nous apprend que l’Espagne avait été peuplée, après les Ibères, par les Perses. Ces Perses ou Phérésiens peuvent y être arrivés par deux routes : de l’Atlas par les colonnes d’Hercule sur la côte océanique de la péninsule, et de la Libye par la Sardaigne vers l'embouchure de l’Ebre. Les dolmens, le nom de Persée, les cornes d’Astarté nous aideront à retrouver les traces de ce peuple dans la péninsule Ibérique.
Cependant les mythes grecs' font arriver Persée monté sur Pégase, chez les Hyperboréens, et les Hyperhoréens qui, d’après Hérodote* habitaient au nord-ouest de la Grèce, envoyaient dès les temps les plus reculés de peuple en peuple des offrandes au dieu de Détos, Apollon. Les commerçants grecs avaient depuis Pythéas reconnu ces Hyperboréens dans les Britons, qui avaientérigé à ce grand dieu solaire le temple circulaire des Slonehenge, et qui témoignaient aux Grecs une affection toute particulière. Les Phérésiens auraient ainsi abordé sur le> mêmes côtes de la Cornouailles où les avaient devancés les Allophyles, et les Perséïdes de la Bri— launie n’avaient point oublié les Perséïdes de la Grèce.
• Pindare. Pyth., 10.
1 4, 32 et suiv.