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LES TROGLODYTES

roule de Damas à la Mecque), el enfin, dans les rochers calcaires de l’Antiliban. On les retrouve plus au .nord dans le montCasius, et à l'est de l’Euphrate, dans le mont Singara, mais surtout entre Orfa et Mardin. Ces contrées ont toutes été habitées par des Sémites, auxquels nous pourrions même rapporter les nombreuses cavernes taillées à peu de frais dans les roches tulleuses de la Cappadoce.

Si nous franchissons les limites des nations sémitiques, les mœurs troglodytes s’offrent à nous chez les Japhétites de l’Arménie et chez les Camites de l'Afrique. D’après Du Bois de Montpéreux , les principales villes de l'Arménie ont dans leur voisinage de nombreuses cryptes qui auraient été leurs berceaux. En Géorgie, on suit à Ouplotsiké tout le développement d’une architecture qui part de la grotte la plus simple, imite ensuite la maison en bois, s’inspire plus tard du style grec et copie en dernier lieu l’art romain. Plus au nord, la crypte devient de plus en plus rare; car elle est née dans les pays chauds et suppose au moins un climat tempéré. On cite' : quelques grottes dans le Caucase ; celles du Beeschtau, où Strabon place des Troglodytes sur la route de commerce entre les Sarmates et Dioscurias; d'autres grottes innombrables dans les monts de la Crimée, sans inscriptions ni ornements; plusieurs dans laThrace, qui est une terre inconnue, et dans la Mœsie (pii avait ses Troglodytes vers les bouches du Danube.

En Afrique, les Troglodytes étaient des tribus sauvages, qui avaient trouvé sans doute des asiles dans des grottes naturelles. Les uns habitaient, au sud de l’Egypte, à l’est du Nil, les déserts de la Nubie. Les autres vivaient à l’ouest des Garamantes ou du Iezzan, dans la Libye.

La Sicile est singulièrement riche en cryptes, demeures, tombeaux ou chapelles, dont plusieurs sont assez vastes. Il en existe aussi à Malte, entre la Sicile et la Libye; aux Ba-

' il y a en outre des cryptes dans le nord de la Perse et dans le Kourdistan; dans la contrée de Bamlan où elles proviennent d ermites bouddhistes; dans le Ttilbet; etc.

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léarcs, entre la Libye, l'Ibérie et les Gaules, et dans le snd de la France. Un peuple des pays chauds, un peuple libyen, celui des Ligures, a probablement introduit jusques au cceur des Gaules les mœurs méridionales du troglodylisme.

TROISIÈME CHAPITRE

Les Phéniciens.

Histoire du Terre. Cette industrie naît au Bélus, se perfectionne à Sidon , est introduite en Egypte , est à peine connue des Grecs * se développe en plein à Alexandrie, pénètre d’assez bonne heure en Etrurie, vers l'ère chrétienne à Rome et de Rome chez les Gaulois et les Ibères. — Composition chimique du verre bleu. — Histoire de l'émail, phénicien ou égyptien d'origine, étrusque, gaulois au 2* siècle de notre ère. — Importance archéologique de la verroterie.

Pourpre tyrienne. — Ornementation. — Corps de métier.

Vaisseaux marchand8. — Tours et fanaux.

Constructions cyclopéennes. — Murs de blocs taillés en bossage — Parois revêtues de feuilles de métal. — VoûU*9 par encorbellement et circulaires. — Colonnes de pierre et de bronre.

Temples hypèthres et couverts; chapelles portatives. Pour idoles, colonnes et cônes plutôt que statues. Animaux symboliques. Culte orgiastique.

Tours militaires et funéraires.

Nous n’avons point ici à faire l’histoire des colonies fondées en Occident par les Phéniciens. Elles sont connues de chacun, et nous les avons rappelées déjà plus haut, en traitant du bronze sidonien et tyrien. Mais nous devons résumer ayec d’autant plus de soin le peu qu’on sait de la civilisation phénicienne; car le moindre détail peut devenir pour nous uti fil conducteur dans le labyrinthe de l’âge du bronze où nous ne tarderons pas à nous engager.

Les verroteries trouvées dans les tombeaux transalpins appellent avant tout notre attention sur une industrie qui a fait la gloire et la richesse de Sidon*.

Des marchands de nitre, à une date inconnue, mais anté-

’ Pline, Hist. nat 36t 65. — Beckmann, p. 1, p. 375 et suiv. — Encyclopédie d'Ersch et Gruber (en allem.). Art. Glasmalerei. — Weiss, passim.

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rieure à .Moïse et fort ancienne, trouvèrent accidentellement le secret de fabriquer le verre à l'embouchure du Sihor Libnat ou Bélus, petite rivière aux eaux malsaines, consacrée au grand dieu des Cananéens, Baal ou Bel. Ce littoral fut pendant plusieurs siècles la seule localité qui produisit le verre. Telle est l'antique légende, à laquelle nous ajouterons un trait: c'est que le verre le plus ancien était coloré; car, d'après les sciences physiques, il est assez difficile d'obtenir du verre incolore, et ce dernier sera partout le plus récent, le plus précieux, le plus recherché. Mais cette légende est mise en doute par l’archéologie: elle a trouvé en Egypte des objets en verre qui, d’après leurs hiéroglyphes, seraient plus vieux que les Phéniciens eux-mêmes, et Thébes serait la vraie patrie du verre. Nulle tradition ne confirmant les prétentions de Thébes et de l'Egypte, nous les écartons jusques à plus ample informé.

Sidon, qui tirait son sable du Bélus, se rendit célèbre par ses verreries, d'où sortaient des vases à boire ou de toilette de formes très-variées, et d'une exécution savante, parfois incrustés d'étain , pareils à ceux qu’on a trouvés dans les ruines assyriennes*. Les artistes sidoniens tentèrent même de faire des miroirs en verre; mais ils n’y réussirent qu'à demi et y renoncèrent, ces miroirs ne pouvant soutenir la comparaison avec ceux en bronze. Tyr, cité toute commerçante et maritime, ne parait pas avoir jamais exercé celte industrie ; mais elle en transporta les produits chez les peuples civilisés, chez les Barbares et jusques aux extrémités du monde connu, chez les Ethiopiens de Cerné, au sud du Maroc.

En Egypte, où, selon certains archéologues, la verrerie ne se serait introduite que postérieurement aux Hycsos, sous les Ramsessides, on ne réussit pas à égaler les Sidoniens dans la confection des vases. Mais on porta à un haut degré de perfection l’imitation des perles et des pierres précieuses.

Les Crées n’ont pas connu d’autre verre que celui des

* Gosse, Assyria, p. 557.

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