‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 161 sur 254 · HISTOIRE DU VERRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU VERRE

Phéniciens. Au temps d’Hérodote, le verre n'a pas encore de nom : c’est une « pierre fondue » plus précieuse que l’or. 11 apparaît sous son vrai nom dans Aristophane et Platon. Les Phocéens de Marseille n'ont donc pu enseigner aux Gaulois un art qui n’a jamais été pratiqué dans l'ancienne Grèce.

Cette industrie prit une très-grande extension à Alexandrie. La nouvelle capitale de l'Egypte excella dans la préparation des verres colorés, et elle livrait, comme autrefois Sidon, de magnifiques vases, que le commerce transportait et en Inde et à Rome.

Les Etrusques avaient appris des Orientaux le secret du verre (p 233); mais ils l’ont gardé pour eux, et les Romains ne l'ont connu qu’après avoir réduit en province l’Egypte. Alors l'Italie eut à son tour aussi ses verreries. Au temps de Pline, la principale ou l’unique était située à l’embouchure du Vulturne, et livrait et du verre pur et des pains de verre blanc. Les ruines de I’ompéi ont offert, dans leurs châssis, les plus anciens carreaux de vitre que l’on connaisse : de 74 centimètres sur 54, ils sont simplement coulés et non soufflés, et leur composition chimique est à peu près identique à celle de notre verre.

Les Gaulois cl les Ibères, à qui cette industrie était entièrement inconnue avant la domination romaine, l’avaient trèspromptement apprise de leurs maitres.

Elle se maintint et se perpétua dans la Phénicie, son berceau, jusques au moyen âge, tandis qu’elle se propageait à Constantinople dés le cinquième siècle, et à Venise. Des Gaules elle passa au septième siècle en Angleterre.

La composition du verre coloré ne parait pas avoir été la même chez tous les peuples. La couleur bleue est la plus ordinaire. Elle provient, d’après Sir H. Davy, du cobalt pour tous les vases en verre bleu clair tirés des tombeaux de la Grande Grèce, et la même matière colorante a été découverte dans les grains de verre bleu déposés sur les momies égyptiennes. Klaprolh et Gmelin au contraire avaient trouvé du fer et pointdecobalt dans les verres qu’ils avaient analysés. Ces derniers étaient-ils peut-être phéniciens, ou

LES PHÉNICIENS

étrusques, ou romains? La chimie éclaircira un jour la question et répandra par là une lumière inattendue sur les temps anléhistoriques. Déjà M. de Fellenberg nous apprend qu'un grain de verre bleu foncé, trouvé vers la Baltique, était teint non par le cobalt, mais par l’oxyde de fer.

L'histoire de l’émail est fort obscure. M. le comte Laborde a soutenu que l’art de fondre du verre coloré dans des alvéoles de métal était inconnu des anciens, et que tous les prétendus émaux égyptiens étaient enchâssés et non fondus. Mais M. Labarte a constaté que ce sont de vrais émaux, et il suppose que cet art, inventé par les Phéniciens, n'était exercé sur les bords du Nil que par quelques artistes étrangers. D’après lui, le cliasclimal et Yélectron seraient l'émail. On attribue, peut-être sans avoir assez examiné la question, aux Etrusques la connaissance de ce procédé. On ne sait par quelle voie il avait pénétré chez les Gaulois ; mais ils en faisaient usage au second siècle de notre ère, d’après un de leurs ouvrages trouvés en Essex dans un tombeau romain avec des monnaies d'Adrien, et la Creuze a fourni une plaque de cuivre émaillée en bleu avec des monnaies de Philippe l’Arabe. D'ailleurs les émaux gaulois ne sont que de grossières imitations de ceux de l’Egypte. Au cinquième siècle, Constantinople avait ses émailleurs, à qui probablement est due l'épée de Chilpéric. Leur art a pénétré en Allemagne au treizième siècle seulement.

Ces quelques données sur l’histoire de l’émail et du verre et sur la composition chimique du verre bleu foncé et bleu clair, peuvent, en se rcctiliant et se complétant, être d’une grande utilité dans l’étude de l’âge du bronze et même des âges de la pierre et du fer. On démontrera un jour par la chimie que tous les verres de l’antique Europe transalpine sont directement ou indirectement d'origine orientale, et l’on déterminera exactement la contrée d’où ils sont venus. Aujourd’hui on ne sait à quelle fabrique attribuer par exemples les bracelets en verre coloré continu qui sont très abondants dans les cimetières burgondes et helvéto-romains, et assez rares en France. A en juger par la seule vue, les col-

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