LES ÉTRUSQUES. LES ZACYNTHIENS
fondé Tarracone pour en faire le grand marché de l’Ebre, et avoir cherché dans la cité de Narbonne l'étain de la Britannie.
Entre la route du nord et celle du sud il s’établit le long des côtes méditerranéennes un commerce très-actif, qui amenait enlr’antres l'argent de l’Ebre et de l’Espagne à Narbonne, dont les plus anciennes monnaies sont en ce métal*. Narbonne, dit Strabon *, passait pour le port de toutes les ('.ailles, tant cette cité se distinguait par son antiquité et par son commerce. Entre Narbonne et Ibère, vers le pied des Pyrénées, fut fondée, on ne sait par qui, la ville d’illibéris, qui fut « jadis grande et florissante, » mais dont il n’existait déjà plus que « de faibles restes» au temps de Pline®.
Les Etrusques avaient pour voisins les Latins. Parmi les Latins les Rutules d’Ardée faisaient sur mer un commerce, qu’écrasait celui des Etrusques. A cette époque reculée les Zacynthiens sur la côte occidentale de la Grèce se hasardaient dans la partie occidentale de la Méditerranée. Ils avaient, eux aussi, appris la découverte des Iles de l’étain; mais ils ne s’étaient point encore hasardés jusques vers l’Ebre. Quelques Rutules les y conduisirent*, et, comme les bouches du fleuve étaient au pouvoir des Phéniciens d’ibère, les Zacynthiens allèrent au loin vers le sud fonder une seconde Zante, Sagonte, que devaient un jour illustrer et sa fidélité aux Latins et ses malheurs. La fondation de Sagonte, d’après Bocchus5, serait de deux siècles antérieure à la guerre de Troie ; mais on la place d’ordinaire vers l’an 900 avant Jésus-Christ.
Si les Zacynthiens étaient de tous les Grecs les moins éloi-
' Diodore dit positivement que les Gaules ne produisent pas d'argent. C'est donc immédiatement après lui qu'on aura découvert les mines d argent dont parle Strabon (4, 2), chez les Ruthènes et les Cabales.
1 Hitl. nat. 3, 4; Pomp. Mêla, 2, 5.
‘T. Live, 21,7.
* Pline, Hitl. nat.. 16, 79.