BRONZES DES LACS ROMANDS
lés, les uns é'.endus, les autres repliés, ici des objets en silex, là- des objets en bronze.
Ces bronzes sont aussi peu que ceux du Pô l’invention de la race aborigène. Les vaisseaux tyriens auront débarqué en Ligurie des métallurgistes qui, de stations en stations, auront étendu le réseau de leurs corporations et de leurs fonderies jusques au Jura le long de l une des grandes routes de l’ambre. Comme à Peschiéra (p. 228), ils auront entassé les produits de leur industrie dans des magasins que protégeaient les eaux du lac (p. 261), et les indigènes auront sans doute appris de leurs hôtes à travailler le cuivre d’Arnavasso(p. 1 1 3), et l’étain qu’apportaient les Calètes et les Santons (p. 1 13 et suiv.). Si le Meïkarth du Rhône n’a pas franchi le Jura, celui des Tyriens de la Ligurie, dont la légende s’est perdue, avait traversé les Apennins et les Alpes Pennines et s’était établi sur les bords de nos lacs.
Les bronzes romands sont, comme leurs contemporains et leurs frères du lac de Garde et des terramares, à l’alliage normal de IO°/0 d’étain, sans plomb ni zinc. Les ouvriers qui les fondaient, savaient fort bien, comme ceux d’Assyrie (p. 163), que pour augmenter la sonorité du métal, il faut élever la proportion de l’étain: elle est de 21 °/0 pour une de leurs clochettes. D’ailleurs les mêmes stations livrent des bronzes dont l’alliage s’élève de 10 à 13 et 20, ou s’abaisse de 10 à 6, à 3, à 1 , à — 1. Ces différences s’expliquent ici comme ailleurs (p. 226) par la refonte d’anciens bronzes et les vicissitudes du commerce de l’étain.
Les objets en broqze trouvés dans nos lacs sont, à peu près comme à Peschiéra (p. 227), des haches ou celts, la plupart sans aucune trace d’usure, de plusieurs types (la forme à douille parfaite, très-commune en France, manque dans nos lacs); des couteaux; de nombreuses faucilles; des marteaux; des hameçons ; — puis, de rares épées, peu ornées, à petites poignées; des poignards, peu nombreux; des pointes de lance et de rares pointes de flèche ; — des épingles à cheveux, moins variées et moins élégantes que celles du lac de Garde, et peu de fibules ; des bracelets, singulièrement étroits