I.F.S GAULES
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et dont aucun n’est en spirale; des anneaux de jambes; — des monnaies (allophyles, p. 243) en anneaux à bords dentelés, et certains croissants à manche, qui sont identiques à celui qu'on a trouvé dans les ruines de Ninive (p. 197).
L’or est très rare dans nos stations lacustres de l’âge du bronze, l’argent fait complètement défaut. Il se pourrait cependant que les populations de cet âge eussent été fort riches en objets en or, et que lors de l’incendie des villages ils eussent élé tous sauvés par les habitants ou emportés dans le pillage. Des pendants d’oreille sont d'un travail si soigné et si savant que d'habiles orfèvres à qui on les a présentés, ont à peine réussi à les imiter.
Nous relions les bronzes romands à l’Orient par leur alliage, par la petite poignée des épées et le petit diamètre des bracelets, par les croissants, par les anneaux-monnaies et par les motifs d'ornamentation , qui sont les cercles concentriques, la ligne ondulée, le triangle, le chevron, et, rarement, la spirale et la torsade, lin bracelet de Cortaillorl (Neuchâtel) reproduit exactement le dessin babylonien des monnaies de Sidau (p. 264) *.
Les relations des habitants de nos stations lacustres avec la Méditerranée et l’Orient résultent en outre : de leur coraux; — de leurs colliers en perles de verre coloré; — des haches en pierres de prix qui n’existent qu’en Asie.
La poterie des stations lacustres de l’âge du bronze nous permet d’apprécier l’influence que la civilisation étrangère a exercée sur l’industrie indigène. Comparés à ceux de l'âge antérieur de la pierre, ces vases se distinguent par une plus grande variété de types, et, du moins pour les plus petits, par une pâte fine et très homogène, par l’élégance des formes et par des rudiments de dessins gravés à la pointe, qui représentent des chevrons, des triangles, etc. Sous le rapport des dessins, ils rappellent ceux qu'on trouve dans les chambres des tumulus de la Bretagne*.
Dans le lac de Morat, la station de Montellier qui a sub-
1 Pnta/ilif *. p. .VJ. — * Id.. p J.Î.
L'AVENTICIE
sisté pendant les trois âges, se distingue par la beauté et la variété de ceux de ses vases d’argile que leurs méandres et leurs autres ornements situent dans la période du bronze. Ils sont à tous égards bien supérieurs à ceux des stations de ce même âge qu’on a découvertes dans le lac de Sempacb et à Unteruhldingen , et indiquent , comme le fait observer M. Keller 1 , un très-ancien foyer de civilisation dans la contrée où devait plus tard se fonder la grande* et célèbre cité d’Avenches. Avant de devenir ville romaine, Avenches avait été déjà la capitale des Helvétiens, et elle fabriquait alors en or des monnaies du plus grand type, dont on a retrouvé tout récemment le coin dans ses ruines. Peut-être Avenches existait-elle déjà pendant l’âge du bronze; peutêtre était-elle déjà le principal marché de l’étain et de l’ambre au nord des Alpes; peut-être le vrai nom de la Suisse romande à celte date reculée serait-il celui d’Aveutieie. L’Aventicie est pour nous la contrée d’où les bronzes se répandaient par le commerce dans la Suisse orientale £p. 113,
1 30, U4), et cette hypothèse nous semble confirmée par ce que dit M. Keller* des bronzes du lac d’Uberlingen : « Entre » ces bronzes et ceux des palalittes de la Suisse occidentale » il n’existe pas la moindre différence, et l’on est tenté de » croire que les uns et les autres sont sortis de la même fa- » brique. » Cette fabrique, nous la chercherions près d’Avenches ou de Moral, de Bienne ou de Neuchâtel.
Les indigènes de l’Aventicie étaient-ils à l’âge du bronze des Celtes ou des Ligures? Nous ne le dirons pas; mais en tout cas nous rapporterons à cet âge les pierres-levées et les blocs à bassins de cette contrée, comme nous faisons les mégalithes de la France. On a trouvé des objets en bronze sous des peulvans des environs de Grandson, et il existe des objets pareils auprès des blocs erratiques du Jura qui offrent de petits creux quelquefois reliés par des rigoles*.
1 Sixième rapport, p. 271.
1 On compte quatorze blocs pareils dans les deux seules paroisses de Saint-Aubin et de Bcvaix (Neuchâtel).
LES GAULES
La pierre-levée nommée la Pouëte-Manche , qu’entoure une enceinte de petits blocs*, est très-exactement orientée.
En anticipant sur nos ultérieures recherches, nous dirons qu’en Suisse, comme en France, en Irlande, en Scandinavie, les deux grandes divinités pendant l'âge du bronze ont été le soleil, le Baal des Sémites, auquel on offrait des sacrifices humains sur les pierres à bassins, blocs erratiques ou dolmens, et là Lune, la Baaleth ou Balthis de ces mêmes Sémites, dont le culte est attesté par les croissants. Les piliers représentaient probablement le dieu des limites, des routes et du commerce plutôt que le soleil (p. 54).
Les deux Isis d’Arles nous enhardissent à donner une origine phénicienne à la déesse Naria’, qu’on adorait du temps de la domination romaine à Cressier, entre les deux lacs de Bienne et de Neuchâtel qui sont unis par la Thièle. Celle déesse n’est ni latine, ni celtique, ni grecque. Elle n’est pas davantage la divinité d'un peuple ou d’un lieu de ce nom, et elle ne se retrouve qu’à Mûri près de Berne. Nous ferons de Naria une Naharia; Naharia viendrait du sémitique Nahar, fleuve, d’où les Grecs ont fait leur Nérée", et les Phéniciens établis dans une contrée de rivières et de lacs auront appris aux indigènes à adorer une déesse des eaux, qui probablement se confondait avec celle de la lune, et dont le culte aura survécu de mille ans à la retraite des étrangers '.
1 Musée neuchdtelois , 1865.
* L'inscription est: Naria nous antia.
1 Peuple primitif , t. 1, p. 237.
* Les patois romands contiennent, dit-on, un certain nombre de mots sémitiques. On en a attribué l’introduction dans notre contrée aux médecins juifs du moyen-âge. Aujourd'hui la question se présente sous un jour tout nouveau et elle mériterait d’être étudiée a\ ec quelque attention. Deux mots m'ont particulièrement frappé : cramache et schouël. Nos lecteurs se rappellent Carséoles et sa fête des renards lâchés dans l'arène ou dans la campagne. N'est-il pas étrange qu'à Neuchâtel un certain jeu de cache-cache où les enfants se dispersent au loin en tous sens, se nomme schouël, qui est l'hébreu sciiocal, renard. — Dans le patois de ce même pays, cramache signifie l'écume du beurre cuit, et le mot hébreu a le sens d être gras, cha.uasch. On dirait que le terme étranger qui désignait la graisse, a perdu en route son sens et a tini par signifier le résidu d'une substance grasse.