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ceux oïl Nord, que les bronzes du Jura et du Pô. Tous, ils sont plus pauvres en espèces différentes que ceux de la Scandinavie, et dans les limites d’une même espèce, moins variés dans leurs formes, moins riches d’ornementation, moins finis, moins élégants. Tous aussi, ils ont pour principaux motifs d’ornementation des lignes symétriques. Nous attribuons aux derniers temps de l’âge du bronze ou à celui du fer les fibules du Périgord représentant des oiseaux, ainsi que la fibule surmontée d’un oiseau trouvée dans le canton de Vand, que les épingles à tète d’oiseau des environs du lac de Constance, et que la fibule étrusque ornée d’un oiseau, qui vient de Crémone (comp. p. 234).
L’or est d’une trop grande valeur pour que la rareté actuelle des antiquités en or prouve rien contre le grand usage que les Gaulois faisaient de ce métal. Les anciens nous disent « que non seulement les femmes, mais les hommes s’en servaient comme ornement, et qu’ils en faisaient des bracelets qu'ils portaient autour des bras et des mains, des chaînes massives pour le cou, des bagues de prix et même des cuirasses '. » On a trouvé dans les tumulus quelques objets en or, entre autres les deux beaux colliers de Ploubarnel (Carnac) ayant probablement appartenu à un grand prêtre.
La Gaule au temps de Diodore ou plutôt de Posidonius ne produisait point d'argent, et ce n’est que depuis la conquête du pays par Jules-César que les Ruténes et les Cabales ont exploité leurs mines d’argent (dans le Rouergue et le Gevaudan)*. Cependant les plus anciennes monnaies des Gaules sont celles en argent de Narbonne avec celles de l’Aquitaine en or, et les Teclosages avaient la coutume de faire offrande à leurs dieux des masses d’argent aussi bien que d’or qu'ils déposaient dans les temples ou jetaient dans les lacs sacrés. C’est ainsi qu’à Toulouse les Romains trouvèrent quinze mille talents d’or et d'argent1. L’or, nous l’avons dit, prove-
1 Diod. 5, 27. Strab 4, 4. 5. — * Diod. 5, 27. Streb. 4,2, 2. Comp. Pline, Hix t. mil . 33. 20. — * Slr.ih. 4. 1. 13.
LES GAULES
nait du pays même des Tectosages et de l’Aquitaine (p. 3 1 3). Mais l’argent ne pouvait arriver que d'Espagne par le commerce, et la seule voie possible entre l'Espagne et Toulouse ou Narbonne est celle qui suit la mer, et qui contourne à son extrémité orientale la haute et impraticable muraille des Pyrénées. Aussi avons-nous relié (p. 291), dès les temps reculés de l’âge du bronze, Narbonne, « le grand marché des Gaules, » par la rout : de l’argent au bassin sidonien de l’Ebre et à la primitive Tartesse , comme nous l'avions déjà unie à Bordeaux par la route de l’étain (p. 110). Ainsi s'explique l'antique célébrité de Narbonne, que nous faisons remonter aux siècles où la zone maritime était encore occupée par des Ligures tels que les Elysciens dont cette cité était la principale ville. Ainsi s'explique encore l’existence à demi fabuleuse d'Illibéris ou Pyréné qui, sous Auguste, n’était plus déjà qu’une insignifiante bourgade. Elle était située sur le Ter, au pied de cette chaîne des Pyrénées célèbre dans les âges mythiques par ses torrents d’argent fondu, et elle aura grandi et décliné avec le commerce de ce métal qui se faisait entre Torlose et Narbonne, et dont nous ignorons les vicissitudes.
Un indice, bien faible sans doute, de l’extension du commerce de l’argent dans les Gaules, ce sont les garnitures de lances en argent trouvées avec des pointes de flèches en silex et avec des anneaux et des colliers en or massif dans le grand et haut tumulus d’un chef gaulois à Carnoët (Quimperlé, Finistère).
Les Gaules offraient pendant les âges du bronze et du fer le singulier spectacle d'une profusion de métaux précieux entre les mains de peuples dont la civilisation ne dépassait pas ou même atteignait à peine celle des Péruviens et des Mexicains. Polybe 1 décrit les Gaulois des plaines du Pô vivant dans des villages sans murailles, n'ayant pour lits que le gazon, cultnant la terre sans propriété privée, se nourrissant de la chair de leurs nombreux troupeaux et pos-