‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 189 sur 254 · LES GAULOIS CISALPINS · texte numérisé non relu

LES GAULOIS CISALPINS

sédant néanmoins dans leur pauvreté une très-grande abondance d’or. Si l'on additionne dans Tite-Live * les chiffres des tributs qu’ont payés aux Romains ces mêmes Gaulois vaincus dans cinq guerres, on arrive à la somme fabuleuse de 247 livres pesant et 1471 colliers d’or, de 772,540 livres pesant d’argent, en monnaie (bigats), en barres, en vases d'un travail moins grossier <iv’il ne l'est d’ordinaire * et de 1,131,000 livres pesant de cuivre ou bronze (les). Si les monnaies romaines aux mains des Gaulois sont le fruit de leurs guerres heureuses en Italie, leurs vases indiquent une métallurgie indigène assez avancée. Avaient-ils emporté cette industrie de la Gaule transalpine ? Ou l’avaient-ils apprise des Etrusques du Pô, disciples eux-mêmes des Philistins d’Adria ? Exploitaient-ils les mines de cuivre de Bergame et d'Arnavasso, les mines d'or des Taurins et des Salasses ? Mais d’où leur venait l’argent en barre? Sans doute des Carpalhes métalliques ou de Transylvanie. Comment d’ailleurs se fait-il que ni les terramares ni les palafittes de la Gaule cisalpine ne contiennent le moindre objet en argent?

2) Les mégalithes.

Los pierres-lcvées, la plupart taillées au ciseau de métal.

Les dolmens, contemporains des couches superficielles des cavernes à silex taillé et des palafittes piétons; datant de la plus ancienne race et d'une race celtique. Dolmens-autels, tuniulus et tertres du Poitou. Dolmens pareils du Quercy et de la Saintonge. Dolmens travaillés avec les métaux, même avec le fer. Tous, pauvres en bronzes, et à poteries grossières.

Les dolmens celtiques et les dolmens ligures. Indices de plusieurs immigrations libyennes dans le sud des Gaules.

Distribution géographique des dolmens. Zone intérieure, formée antérieurement au commerce pbéuicien. Zone maritime, devant au contraire à ce commerce ses plus beaux mégalithes.

Les mégalithes gaulois, qui sont l’objet de grandes contestations et sur lesquels la science n’a point encore assis son opinion, dateraient à mon sens des derniers temps de

• 31, 49; 33, 23 et 37; 36, 10.

* Galliris vasis, non infnbro sno more faclis». 36, 10.

LES GAll.KS

l’âge île la pierre, auraient été érigés en très-grande partie pendant l’âge du bronze, et auraient vu leur nombre s’accroître encore pendant celui du fer.

Disons d’abord quelques mots des pierres-levées et de leur longue histoire.

Parmi les pierres-levées, il en est de brutes : ce sont les plus anciennes ; il en est en granit qui sont dégrossies : elles supposent nécessairement l’outil en métal.

Les premières comptent dans leur nombre des rochers qui sont des blocs et non des piliers; des masses informes, rondes, carrées, et non des colonnes naturelles. Tels sont les carneillous (p. 51) : tel l’alignement de Toulinguet.

Les peulvans, les menhirs ont été, en presque totalité je le crois, façonnés par l’homme. Le fait n’est pas douteux pour les menhirs quadrangulaires, triangulaires, fusiformes1, et à bien plus fort raison encore pour ceux qui ont été sculptés tels que le menhir quadrangulaire en granit de Plouarzel ou Kerloaz (p. 54). Je ne comprendrais pas comment la nature à elle seule aurait fourni aux auteurs des alignements deCarnaconze mille piliers, qui la plupart sont plus minces à l’un des bouts qu’à l’autre.

Nous avons d’ailleurs dit déjà (p. 71) qu’on dressait encore des menhirs sous Adrien , sept siècles au moins après l’âge du bronze, et quatorze après celui de la pierre *.

* Nous citerons comine exemples :

Menhir de Gandouil Argentan, Orne), -1 mètres de hauteur ; les quatre faces distinctes et les angles répondant aux quatre points cardinaux.

Menhir de Locmariaker (Morbihan), le plus grand conuu ; brisé eu quatre morceaux; long de 19 mètres; fusiforme; diamètre de deux mètres vers le milieu, et les extrémités se terminant eu pointe.

Pculvan de la Gnreine (Chàteaudun , Eure et Loir), de forme triangulaire et pyramidale.

Peulvan de Saint-Laurent-sur-Gorre (Rochechouarl , Haute-Vienne . triangulaire, avec trois mortaises verticales.

' Au pied du menhir granitique de Saint-Samson, qui a trente pieds de hauteur (mais non sons lui), gisaient un cône et nn anneau de fer.

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