CELTS DE L'AGE DU BRONZE
Dans la chambre sont en outre de grands couteaux en pierre avec des pointes de flèches, etc.
Dans ces tumulus et ces dolmens sont d'ordinaire, en grand nombre, des ossements d’animaux, appartenant aux espèces qui vivent aujourd’hui en France. Ce sont ou les restes de repas funèbres, ou la nourriture destinée aux morts, ou des sacrifices offerts soit aux dieux, soit aux mânes.
Les tombelles du Poitou sont, les unes des dolmens reconnaissables à leurs ossements humains en desordre, les autres des tumulus avec des squelettes entiers. On ne sait la destination de celles qui ne cachent aucun ossement et qui sont comprises dans des séries d'enceintes en pierres.
Parmi les haches polies trouvées dans les plus anciennes sépultures du Poitou, les unes sont en saussurite des Alpes, les autres en roches ou variétés- de roches qui n’existent, dit-on, qu'en Inde: sardoine, jade vert-clair ou blanc, pierre de touche qui n’est ni celle de l’Europe occidentale, ni celle de la Lydie. Les premières sont pour nous un indice du commerce de l'étain que les Santons faisaient avec notre Suisse romande (p. 1 14) ; les secondes supposent des relations mercantiles entre les Piétons et les Sidoniens de l’Ebre et de la Biscaie ou les Gaditains. Les unes et les autres attestent que ces tombeaux sont de l’âge du bronze, qui est celui du commerce des pierres de prix et de l’étain (p. 298 et 308).
La distinction si simple et si vraisemblable que MM. Brouillet et Meillet établissent pour le Poitou entre le dolmen-autel et le tumulus à chambre sépulcrale, contredit l’opinion généralement admise qui fait de tout dolmen un
nant vers les parois. Cette disposition des corps n'est, d'ailleurs, point particulière au Poitou. On l’a retrouvée près de Crozon (Chàteaulin, Finistère), dans un tumulus de sable servant de sépulture à une cinquantaine de cadavres qui formaient plusieurs lits superposés, et qui avaient tous la tète au centre et les pieds vers la circonférence {d'après une lettre de M. Letourneux). Dans le tumulus de Condé-sur-Laizon (Falaise, Calvados), sous une voftte en forme de ruche et en moellons, étaient dix squelettes de femmes, ayant les pieds tournés vers le centre ; mais il parait qu'ils étaient assis et adossés contre la paroi.
LES GAULES
mi
tombeau. Mais ce qu'ils ont observé dans leur pays, se reproduit dans d'autres contrées des Gaules mégalithiques. Ainsi dans le pays des Cadurces ou le département du Lot, on a trouvé dans les 52 dolmens qu'on a fouillés, des ossements humains le plus souvent placés sans ordre, avec des flèches et des haches en pierre, des fragments de poterie grossière, des ornements ovoïdes, des disques, des cylindres en pierre ou en os, des valves perforées de cardium (p. 298), et quelques longs poignards en cuivre (p. 314). Un dolmen sur une butte conique ne contenait dans l’intérieur ni ossements ni objets d’art; mais la hutte recelait dix tombeaux avec une vingtaine de squelettes, et dans ces tombeaux un seul renfermait des os calcinés. Tout indique donc que chez les Cadurces comme chez les l’ictons le dolmen était un autel, et que dans les siècles des dolmens l’inhumation était le mode unique ou habituel de sépulture.
Hans la Charente-Inférieure, les fouilles faites dans les dolmens n’ont fourni pareillement que quelques ossements humains (et non des squelettes?), avec des haches en silex et des débris de poteries grossières.
Cependant les poignards en cuivre du Lot, les dalles à bassins des dolmens du Poitou et les haches en pierres orientales des antiques tombeaux de cette môme province établissent solidement que les dolmens, qui nous occupent ici tout spécialement, ont passé de l’âge du celt à celui du métal sans changer de forme ni sans doute de destination. C’est là ce que confirment :
les dolmens de la France entière à creux, bassins et rigoles ;
ceux qui sont, à leur dalle supérieure (p. 69) ou à l’une des dalles latérales1, percés de part en part d’un trou fait de main d’homme;
ceux qui offrent des sculptures , des dessins plus ou moins informes et surtout des caractères alphabétiques;
* Ainsi le dolmen de Trie-le-Château (Oise), avec son trou rond de O in. -10 r de diamètre, perré presque a fleur de terre mi lias de la pierre du fond. On dit relie particularité unique en France.