DIEUX SÉMITIQUES — LE SOLEIL
(p. 30i), et par les traces assez nombreuses de l’adoration «l’Isis (p. 310). Nous ajouterons, mais sous toutes réserves, le dieu syrien Balmarcos, qui avait à Paris des autels; Rélénus, nom du Soleil ou d’Apollon chez plusieurs peuples gaulois; le grand dieu Hésus, qui semble être •'ezous, le Fort, le Puissant en hébreu ; Camille, qui serait le Cadmile oriental; Gwyon, le Gigon ou Kijon des Egyptiens et des Phéniciens, et Onouava, figurée sur les monuments par une tète dont les ailes et les serpents rappellent les globes ailés, efflanqués de serpents, qui accompagnent les dieux du Nil. Dans l’Armorique en particulier le nom de prêtre est aujourd’hui encore en bas breton belec ; celui de la célèbre île des mystères était Scna, Sain, et celui des prophétesses de cette île Barrigènes. Or kclec n’est-il pas un serviteur du Del ou Baal des Phéniciens ? san en sémitique signifie loi, doctrine, et les Barrigènes ne seraient-elles point celles qui des rochers de Pile sainte bénissent (barium) les vaisseaux de leur peuple ?
Le grand dieu des anciens Gaulois était vraisemblablement le soleil. C’est à ce culte que nous rapporterons les faits suivants :
Non loin de Locmariaker, l’ancien Dariorigum, sont taillés en saillie sur un rocher deux cercles concentriques, l’un de 10, l’autre de 7 mètres de circonférence, et un travail pareil, mais usé par le temps, existe sur une roche voisine. La même figure a été tracée sur une pierre détachée et posée sur le sol, dans le Champ-Dolent, prés de Machecoul (Loire- Inférieure). La signification de ces cercles est, ce nous semble, fixée par le cercle rayonnant sculpté en bas-relief sur le temple du soleil à Lanleff et par les trois cercles du menhir de Pédernec (p. 57).
Au temple de Lanlefï, dont les pilastres ont des chapiteaux à tète de bélier4 (p. 269), le soleil, qui est le dieu de la
1 Le symbole du bélier solaire ôtait si répandu dans les Gaules que In tête de bélier a été le premier ornement architectural de In période post-romaine et déjà chrétienne.
LES GAULES
force productrice , a pour symbole deux béliers accouplés. Ainsi s'expliquent les deux statues de Berven (Morlaix , Finistère) représentant un homme et une femme entièrement nus et accusant le culte priapique le plus éhonté.
Un antre symbole du soleil est le lion. Dans le pays des Santons est, à Saint-Mauricc-des-Lions (Confolens, Charente), un lion en granit, plus grand que nature, d’un travail très-grossier. Les Phéniciens seuls auraient pu faire connaître le lion aux Celtes de la Charente
Ce dieu mâle et solaire suppose une déesse lunaire de la nature, une Céridven, une Onouava, une Cérès, une Isis. Le cercle et les trois croissants du lolmen de Sainl-Sulpicesur-Rille (Mortagne, Orne) figurent les phases de la lune et indiquent un culte rendu à la Heine des nuits. Isis ou Cérès avait un temple à Rennes (p. 303). Peut-être la ville mythique d'Is était-elle une cité d'isis (p. 332), et l'on s’accorde assez généralement à reconnaître une Isis dans la soi-disant Vénus Armoricaine deQuinipili, sur le devant de laquelle sont sculptées très-distinctement les lettres latines I 1 T. De granit et très-grossièrement travaillée, la déesse est debout, nue ’ (et non voilée comme l’Isis I’haria et la Néhalennia des bouches du Rhin), une bandelette autour de la tête, une étole tombant par devant jusques aux genoux, les bras grêles, les seins à peine marqués, le nez plat et la bouche indiquée par un coup de ciseau. Cette statue, haute de deux mètres, était encore au siècle passé l’objet d’un culte superstitieux. Elle est accompagnée d'une cuve en granit, où se plongeaient les femmes relevant de couche, ainsi que les jeunes garçons et les jeunes filles qui espéraient ainsi se marier selon leurs désirs
A Paris l’Eglise de Saint-Germain des Prés avait remplacé
1 II se pourrait toutefois que cette éhatirlic fiit du temps des Mérovingiens, comme les deux lions de Limoges qui passent pour être un mémorial de la victoire de Charles-Martel sur les Sarrasins.
1 Comme les deux statues de Berven, et là plupart des Morcurcs anléromains qui sont sur la cime du Douon, près de Saint-Dié (Vosges).
1 Voyez p. 51 le menhir de Korluaz.