III. AGE DU FEK
Ep<Vs celtiques en Suisse ; dessin snnton.
Industrie du fer, indigène chez les Gaulois, et naissant de celle du brou/.c chez les Pétrocoricus avant — 400, vers — 000, sans que les outils aient précédé l’épée.
Influence des Sémites sur la monnaie gauloise, sur les Massaliotes, sur leur commerce. Pied phocéen sur foute la route du Rhin. Commerce par le Danube avec l'Europe occidentale.
Antiquité de la civilisation gauloise. Découvertes des Gaulois en agriculture, en industrie, surtout en métallurgie. Armes. Arabesques. Corail. Email et verre.
Routes du commerce sous les Romains.
Culte de Mercure vers l est, d lsis et du Soleil vers l'ouest. Temple de Lauleiï.
Les Gaules à I entrée du moyen-âge, foyer de la métallurgie, de la datiiasquinurc, des arabesques, de la verrerie pour tout le nord de l’Europe.
Dans la Suisse romande1, l’âge du bronze a été, dit-on, brusquement remplacé par celui du fer. Les armes, les ustensiles, même les objets de parure sont en fer, et le bronze, dont la composition chimique reste d’ailleurs la même, est battu et non plus coulé dans le moule.
Le peuple qui possédait et sans doute fabriquait ces objets en fer, était gaulois. C’est ce qui résulte des épées des palalittcs de la Tène (Neuchâtel) et de celles du champ de bataille de la Tiefenau (près de Berne). Elles sont de fer non trempé, comme celles des Gaulois de Brennus, et longues, droites, à double tranchant, l’extrémité mal apointissée, comme celles d’Alaise et d’Alise. Toutes ensemble, elles ont la même forme et les mêmes ornements que celles qui, d’après M. Franks*, auraient appartenu aux nations celtiques des Gaules et de la Britannie pendant la dernière période de leur histoire. Mais ce qui est fort extraordinaire, c’est que sur un des fourreaux de la Tène, comme l’a dit fort bien M. Desor, est dessiné au repoussoir le cheval cornu des monnaies des Santous. Quelles autres relations pouvait-il y
1 Nous renvoyons ici nos lecteurs aux ouvrages de M. Troyon el de VI. Desor.
* Kellcr. sixième mémoire, p. 333 (en allem.).
LES GAULES
avoir entre la Saintonge et le lac de Neuchâtel que celles du commerce de l’étain T (p. 1 14).
Les palafittes de la Tène ont livré cinq monnaies de ces mêmes Santons, et d'autres monnaies gauloises ont été recueillies à la Tiefenau avec quelques-unes de Marseille. Les unes et les autres établissent que l’âge du fer romand comprend au moins les deux ou trois siècles qui ont précédé l’ére chrétienne, et qui sont ceux du monnayage gaulois.
S’il est vrai que cet âge du fer ait succédé à celui du bronze par une révolution subite, il faut nécessairement admettre à cette date un changement de population, soit que les indigènes de race ligure (p. 328) aient été alors seulement refoulés, détruits, soumis par la race celtique, soit qu'une nouvelle nation celtique, les Helvétiens, ait fait invasion dans ce pays qu'occupaient déjà des peuples de celte même race. Mais, dans l’une ou l’autre de ces hypothèses, l’àge du fer n’aurait été dans ces contrées qu’un simple accident comme celui du bronze. La Suisse romande s’était trouvée située sur la grande route du commerce de l’étain, et les marchands phéniciens y avaient établi leurs demeures et leurs magasins lacustres. Plus tard elle aurait vu d’autres étrangers apporter avec eux l'art de travailler le fer. L’histoire des trois âges dans la Suisse serait donc non point celle de la race indigène s’élevant par une marche lente et régulière du silex au bronze et du bronze au fer, mais uniquement celle des étrangers que le commerce y attirait en petit nombre, ou que la guerre y précipitait à grands flots. Toutefois il est des archéologues du premier rang qui croient que, dans notre Suisse occidentale, comme dans les Alpes Noriques, la même population a passé plus ou moins rapidement de l’industrie du bronze à celle du fer. Dans celte incertitude, pour n’ètre troublé dans nos études par aucune idée préconçue, nous devons, en abordant la Gaule, oublier nos lacs romands, dont nous n’emporterons qu’un seul fait, l’identité de leurs épées avec celles des Gaulois.