‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 201 sur 254 · COMMERCE PAR LE DANUBE · texte numérisé non relu

COMMERCE PAR LE DANUBE

Pendant ce môme âge du fer, les Sigynnes de la Hongrie (p. 142) arrivaient en colporteurs jusques sur les bords du Rhône; les monnaies des Calètes et des Vénètes circulaient jusques en Bohême et en Hongrie (p. 333), et les plaques irisées de la Bohême (v. plus bas) se répandaient dans tout le nord des Gaules. C’était d’ailleurs un temps où la région située au pied septentrional des Alpes était en grande partie occupée par des peuples gaulois, Helvétiens, Boïens, Gothins. Les relations commerciales que les Sémites du Pont- Euxin avaient créées par la voie du Danube et le nord des Alpes entre l’Orient et l’Occident, se seraient donc maintenues longtemps après eux et jusques aux siècles de la monnaie celtique. C'est par cette voie qu’à une date quelconque l'art de préparer le feutre aurait passé des Perses et des Scythes dans les Gaules, et l’on se rendrait ainsi compte comment la fabrication du savon , inconnue à Rome au temps de Galien, était à la fois pratiquée par les Gaulois, par les Germains et par les Scythes

Quelle qu’ait été en réalité la marche de leur développement industriel (p. 330), les Gaulois au siècle de Jules-César étaient une nation vieille déjà de quinze et vingt siècles, comme celles du Sud et de l’Orient, et non point, comme les Germains, un peuple enfant qui avait devant soi vingt siècles de croissance et de vie. D’après Jules-César lui-même1, antérieurement à leur contact avec la civilisation romaine, ils étaient déjà « une race très-industrieuse et très-adroite à

* Nous ne parlons pas du beurre qui au temps de Pline n’était encore à Rome qu'un médicament, tandis qu'il était une nourriture pour les Celtes, les Germains et les Scandinaves, pour les Scythes et pour les Aryas védiques. L'usage du beurre sur les rives de l’Indus au temps de Védas , le fait remonter à une date si ancienne qu'elle dépasse les limites de nos études. Nous noterons en revanche que le nom du drap foulé était chez les Roxolans skcné, qu'il est chez les Slaves modernes oiné, et que gin* désigne dans Luitprand les vêtements des Saxons. Les Saxons, au commencement du moyen âge, recevaient donc des Slaves leurs vêtements par une voie transalpine dont l'histoire n'a pas gardé un souvenir distinct.

« Bell, gall, 7, 12.

LES GAULES

imiter et à exécuter (comme le sont aujourd’hui les Chinois) tout ce qu’elle voyait faire. » Mais, plus impartiale que ce conquérant, l’histoire * nous apprend que ces Gaulois avaient peut-être fait plus de découvertes que les Humains euxmêmes en agriculture et en industrie. Ce sont eux qui ont enseigné à Rome les systèmes d’assolements, et l’amendement des terres par la marne qu'ils exploitaient jusqucs à cent pieds de profondeur, par les cendres et par la chaux ; — la charrue à avant-train avec le coutre ou fer tranchant placé un peu en avant du soc; la herse, et les chariots à récoltes et à transport, portés par quatre roues, ou par deux de grande dimension ; — le crible pour nettoyer les grains, et (qui l’aurait cru si l’line ne nous le disait?) une machine à moissonner, portée sur deux roues et attelée d'un bœuf qui en marchant la poussait devant lui ; — puis, la culture de l’orge à deux rangs, et du seigle, dont le nom latin secale est l’armorique segal ; celle des navets en pleins champs pour les bestiaux, des pavots pour leur huile, du chervis, espèce d’asperge ; — en outre, le foulage des étoffes ; les matelas d'étoupes de lin chez les Cadurces, de rognures de drap chez les Lingons ; la préparation des savons; divers procédés de teintures végétales, en pourpre, en rouge, en bleu; la tonnellerie ; — enfin, l’étamage des métaux pour vaisselles, meubles, harnais de chevaux et chars de luxe. Les célèbres toiles des Cadurces sont pour nous la fleur d’une industrie indigène dont les origines se perdent dans les profondes ténèbres de l’âge de pierre (p. 298).

La métallurgie gauloise, telle que l’histoire et l'archéologie nous la font connaître, livrait aux guerriers, outre la longue et lourde épée, des poignards à un seul tranchant et à manche bigorne ; des javelots dont le fer, d’un demimètre de longueur, était ou droit, ou flamboyant (d’après les découvertes de la Tène), ou bordé d’hameçons (d’après Diodore)’; des cuirasses formées d'anneaux ou de pla-

1 Reynier, Economie publique et rurale des Celtes, etc.

* Comparez le javelot ibère (p. 284) et les lancei r uneatee des Visigotlis (Sid. Apollinaire. 1. 4. èp, 2i).

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