‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 210 sur 254 · LES DIVINITÉS SÉMITIQUES · texte numérisé non relu

LES DIVINITÉS SÉMITIQUES

des Liby- phéniciens , des Sardes (p. 288) et des Arabes se sera répandu d'une part chez les Santons et les Vénètes (le bardocucullus, p. 343) et d’autre part chez les Cymris du pays des Galles (le kougoul) et chez les Irlandais. Ceux-ci ont des manteaux de couleur noire (p. 370) comme est la laine de leurs moutons.

Mais le sémitisme de l'Irlande est surtout évident dans sa religion et son culte. Le prêtre s’y nommait cois, qui est le coiÈs de Samothrace et le cohen des Hébreux. Le dieu suprême est Béal, Baal, le Bahal des Phéniciens, le Bélus des Allophyles; ou Séadhac, le Sydic, le dieu Juste de Sanchonialhon, ou Samhan, Béal Samhan, le Seigneur du ciel. A chaque équinoxe du printemps on célébrait en l'honneur du dieu suprême la fête du feu de Huai, Baal-tinne; on éteignait tous les feux, et sous peiue de mort personne ne devait en rallumer un seul avant que celui des sacrifices ne l’eut été de nouveau dans le palais de Tara' Une cérémonie toute pareille avait lieu chez les Perses le 24 avril. La veille de la fêle de Samhan, qui avait lieu le premier jour de novembre, on brûlait entre deux feux les condamnés à mort, qui étaient ainsi tout à la fois purifiés et punis. Aujourd’hui encore dans certaines nuits on saute à travers le feu ou l’on y fait passer les bestiaux pour écarter tout accident (p. 263, 223, 370). Enlin, sur le champ du massacre on immolait les enfants premiers nés à l'effroyable Crom-cruach. Ce culte est celui de Moloc.

La grande déesse des Irlandais, la mère de leurs dieux, la personnification de la matière et de la nature sous la forme spéciale de la lune , Eire , portait entre autres noms ceux de Dercith (la pauvre Ith) et d’Aistoirilh (lth gui cherche de nouveau ou bien l'antique chercheuse). Mais ces noms sont ceux d'Astharoth et de Dercéto, les deux principales déesses des Ludiens ou Phérésiens (p. 231), et Astharoth est l’Astarté des Phéniciens. Or la Lune, que nous avons vue déjà être en

1 Celle fêle a oie transportée à cause du carême à la première nuit de mai. où I on allume aujourd'hui encore des feux de joie.

L’IRLANDE

très-grand honneur chez les Espagnols (p. 283), passait en Irlande pour la mère des Finn ou Phéniciens de la Gascogne.

Les Irlandais avaient leurs cabires ou associés, au nombre de douze, leurs mystères, leurs îles sacrées1, comme les Egyptiens, les Phéniciens, les Samothracicns. Parmi leurs cabires étaient un Alla; un Chodia’; un Jon ou Janus; un Cadmaol ou Camille (p. 339); un .Esar qui allume le feu, et chez les Etrusques Æsar signilie dieu; un Céaras, le feu du ciel qui ouvre el commence la création, et le Cérus manus des Etrusques était un creator bonus. Céara, l’épouse de Céaras, avait, en vraie Cérès, inventé le moulin à bras, et elle était la mère de Porsaibhéan, la formatrice, la magicienne. On conçoit sans peine comment les voyageurs grecs et romains que le commerce attirait en Irlande , pouvaient dire que ce pays était une fie sacrée 5 où Cérès et Proserpine étaient adorées avec les mêmes rites qu’à Samothrace". Ce nom d’ile Sainte donné à la terre qu’habitaient les Hibcrniens, remonte d'après Avienus à un temps reculé (p. 119).

A ces noms étrangers des divinités irlandaises nous pourrions ajouter plusieurs surnoms d'Eire, tels que Easire ou Axire, qui semble être l’Axiéros ou l'Axiocersa de Samothrace ; Sibhol qu’on prendrait facilement pour une Cybéle phrygienne; Ops, qui est l’Ops des Latins, l’Opis des Thraccs, et INannu, Anu, la mère, dont le nom rappelle le nana des Lazcs deTrébizonle et le nunoi des Wotiakes, qui ont le même sens. Plusieurs de ces ressemblances peuvent être illusoires ou s’expliquer par la commune origine de toutes les langues. Mais deux monuments irlandais nous paraissent laisser peu de doutes sur les relations de la verte Erin avec le foyer maltais de la civilisation liby-phénieienne. .Nous voulons parler des deux cairns de New -Grange et de Dowth, près de Droghéda et de Tara.

1 Une îles Scilly su nomme Innis Caw, l 'île de l'association.

’ Peuple primitif, t 1, p. 136.

s Le promontoire du Carnsore qui regarde lu pays de Galles el la Cornouailles, su nommait le promonloiru Sacré.

* Slrab 4, 5. 6.

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