I. IRLANDE
mines de semblables édifices, nous dirions que les peuples de l’ersée en ont emporté avec eux l’idée, les uns jusques au fond de l’Orient, les autres jusques aux dernières limites de l’Occident. Mais ici, comme pour le Lia-fail et l’Atizoë et comme pour la fêle des feux éteints et rallumés, nous avons devant les yeux des phénomènes identiques chez des peuples que la tradition et l'histoire nous interdisent de faire voyager d’un bout du monde à l’autre, et cependant nous hésitons à supposer que les Indiens et les Perses d'une part, les Irlandais d’autre part , ont pu imaginer dans l’âge des métaux exactement la même forme de tours et une forme aussi singulière que celle de nos Tours Rondes.
Ces Tours ne peuvent avoir été bâties dans le dernier âge du paganisme irlandais, parce que alors les palais mêmes des rois n’étaient construits qu’en bois. Elles ne peuvent donc dater que de l’âge du bronze, ou que des siècles qui ont immédiatement suivi la conversion du peuple au christianisme.
Celte dernière hypothèse a pour soi : le fait que presque toutes ces tours sont entourées des ruines d'anciennes églises qui sont d’ordinaire au nombre de sept; les croix et les images de la sainte Vierge sculptées sur quelques-unes de ces tours; une petite croix de pierre qui surmonte celle de Swerds (Dublin), et enfin leur état remarquable de bonne conservation. Mais ces croix et ces images sont l’œuvre de chrétiens consacrant à leur Dieu d’anciens édifices païens, et les tours ne peuvent avoir été construites pour servir de clochers, car le son y aurait été étouffé.
Reste donc l’hypothèse qui fait remonter ces tours par delà les siècles des églises et des palais en bois, aux temps où les Finn, les Danaan étaient les maîtres du pays, à l'âge de bronze où d’autres Sémites élevaient en Sardaigne les nuraghes. C’est bien là aussi ce que dit la tradition, qui les nomme [eed-neimheidh et en fait des lieux sacrés du paganisme. Les Phércsiens auront apporté en Irlande, comme en Argolide, le même culte du feu qui prévalait en Assyrie, et ce culte, qui s’entait sur celui de (ïripn ou du Soleil, aura