LES TOURS RONDES
pris un assez grand développement pour faire naître dans l'esprit des Irlandais l’idée de construire une multitude de pyrées dépositaires du feu sacré, du sommet desquels ils observaient, par les fenêtres ouvertes aux quatre points cardinaux, la marche du soleil et le retour des grandes fêtes des équinoxes et des solstices. Ces tours auront plus tard servi aux chrétiens de forteresses où déposer les trésors de leurs églises, et peut-être même de clochers. Mais la destination païenne, par là même la haute antiquité de ces colonnes creuses, résulte directement des antiquités trouvées dans leurs débris : figures rayonnantes connues en Orient sous le nom de Mitlira et rappelant celle de LanlefT (p. 360); croissants en or et trompettes de forme singulière. Dans l'ilo de Scattery, à l’embouchure du Shannon, est une Tour Ronde avec ses sept, églises dans l'une desquelles est enchâssée, avec une antique inscription, une pierre sculptée représentant une tête humaine de style égyptien, aux oreilles s’écartant de la tête.
Les Tours Rondes, les cairns-temples seraient donc l’œuvre des Sémites et spécialement de ceux de l’Ebre et de la Biscaie, dont l’histoire est comprise entre — 1500 et — 1000 ans (p. 127). A supposer qu'ils ne disparaissent au pied des Pyrénées que parce qu'ils ont émigré en masse vers la Cornouailles et l'Irlande, l’âge où aurait fleuri la civilisation sémitique de la sainte Erin daterait du dixiéme siècle avant l'ère chrétienne, et les Finn y auraient été bientôt suivis par les Briganles de la Galice, que le commerce maritime des Gaditains auraient entraînés vers les régions de l’étain. Mais ces migrations avaient été précédées d’une période plus ou moins longue de simples relations mercantiles entre l'Espagne et l’Irlande, et l’âge du bronze dans ce dernier pays peut fort bien remonter à l’an 1200 et 1300. Il se sera prolongé à travers l’âge du fer jusques à la ruine de Gadès.
1 On explique ce chiffre de sept par le souvenir des sept chapelles de Moloc, ou par l'introduction en Irlande, longtemps avant Patrick, du christianisme de l'Orient où l’on comptait sept églises éeurnéniques.
L IRLANDE
Les tombeaux de l'âge du bronze et les tourbières fournissent en Irlande à l’archéologie des bronzes à l'alliage phénicien, des objets en or, presque aucun en argent, et de l'ambre.
L’ambre est si abondant qu'il suppose un commerce assez actif entre l'Irlande et le Jutland. Les mots irlandais qui se sont introduits dans les langues Scandinaves (p. 230), semblent indiquer que les habitants de l’Ile Sacrée prenaient à ce commerce une part très-active.
L'or était autrefois si commun en Irlande qu’on y a compté deux cents antiques mines de ce précieux métal. Les rivières, ici comme dans les Gaules (p. 313), en roulaient des paillettes dans leurs eaux, qui aujourd’hui n’en contiennent pour ainsi dire plus. Col or indigène était sans doute travaillé dans l’île même par des colons sémitiques ou par leurs élèves de race gaélique. Les produits de cette orfèvrerie locale, qui sont à peine inférieurs à ceux de l’orfèvrerie des Hellènes , remplissent en quelque sorte les marais, du fond desquels on en retire des milliers pour un à peine en argent. ÎS’ous noterons les croissants en or, qui par leur nombre témoignent de l’importance du culte d'Eire ou la Lune, et nous savons que cette déesse était adorée par les frères des Gaëls dans l’Armorique (p. 340).
Les bronzes sont ou étrangers et gaditains, tels que les épées, dont la beauté s’explique par les progrès que faisaient les fabriques d'armes de Gadès sous l'influence des artistes grecs et latins, ou nationaux, tels que les petites images de sanglier, très-bien réussies et très-fréquentes, qui sont les plus remarquables des bronzes irlandais. Le sanglier nous est déjà connu par les monnaies des Gaules (p. 332); il est représenté sur beaucoup de tombeaux étrusques et nous le retrouverons chez les Germains et les Scandinaves, associé au culte d’une Grande Déesse.
Certaines épées irlandaises ont une ressemblance frappante avec celles de la Suisse et de la Suède : la poignée, au lieu d’être tout entière de métal , comme celles des épées danoises , n’offre à nos regards qu'une simple pointe que