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LES TROIS AGES. ARMES

Le sol de la Germanie est en effet semé d'objets de bronze. Comme ce bronze est cuivre et étain sans plomb ni zinc, et que l'alliage en est de 10 °/0 d’étain, nous ne pouvons que le dire antérieur à l'ére romaine du zinc et du laiton (p. 165) et que le faire dater du commerce des Sémites.

Cet âge du bronze a |été précédé d’un âge de la pierre, ainsi que le prouvent les palafittes des lacs bavarois et celles du Mecklembourg, trois espèces de tombeaux dolméniques et des mégalithes en blocs bruts.

L'âge du fer a commencé non point avec les marchandises romaines qu’à dater de l’ére chrétienne le commerce a pu répandre dans toute la Germanie, mais avec l’usage qu’ont fait de l’épée gauloise en fer mou les Barbares de l’invasion (p. 360).

Nous assignerons donc à l’âge germain du bronze pour limites extrêmes les 1500 ans compris entre l’an — 1100 et -4-400. Il aurait survécu de 700 ans à l’âge du bronze romand et aurait pris (in 4 à 300 ans avant l’âge du bronze Scandinave.

Armes et bronzes. Le deuxième âge était loin encore de sa fin, quand Tacite décrivait les mœurs des Germains. Ils négligeaient les mines si riches de leur patrie, et leurs armes, qui différaient complètement de celles des Gaulois et des Cimbres, étaient les armes d’un peuple pauvre en métaux, tout spécialement en fer : des boucliers de bois ou de branches tressées; peu ou point de casques de métal ou même de cuir, ni de cuirasses; les épées rares, sauf toutefois (fait digne de remarque) chez les Goths de la Baltique. L’arme principale des Germains était la framée avec les javelots*. La framée était une pique dont la pointe (en bronze)1 était courte et étroite, mais bien acérée. Le témoignage de l'his-

' Tacite, Germ., 5. 6. 43. Comp. Weiss, p. 638 et suiv.

* Tacite dit : ferro ; mais comme la framée est l'arme de l'infanterie et de la cavalerie, et que l’historien conclut des armes des Germains au peu d’usage qu'ils faisaient du fer, il nous paraît incontestable que ferro signiüe ici pointe de métal. C'est au reste l'opinion de MM. Klemm et Lisch.

LA GERMANIE

toire est confirmé sur ce point par les armes en bronze qu’on trouve partout en Allemagne. Vers le Rhin et le Danube, elles sont fréquemment mêlées à des monnaies romaines, qui en donnent la date.

Quelle était la provenance de ces objets de bronze? Les belles épées à la courte poignée venaient-elles de Tyr par le Rhône et les lacs romands, de Gadés parle Rhin? ou, comme les épées grossières, les celts, les couteaux, les faucilles, étaient-elles le produit d’une métallurgie indigène? Au moins l’existence de cette industrie est démontrée par les fonderies (p. 143), et si les écrivains romains n’en ont point eu connaissance, c’est qu’elle avait son foyer dans la Germanie orientale, patrie des handberge? (p. 394).

Parmi les bronzes de l’Allemagne, nous citerons certains vases du poids de 3 à 8 livres, qui ont la forme d'un animal, et qui, sacrés ou profanes, étaient destinés à recevoir un liquide. Tels le cheval de Grobzig (Anhalt), le chat de Skeuditz (entre Halle et Leipzig), le monstre à quatre tètes de Kœnigsgrætz (Bohême), le cheval enharnaché de Prague, le lion du Brunswick. Tous ces bronzes, représentant des êtres organiques, ne peuvent dater que des derniers temps de la métallurgie germaine, et le lion suppose des relations de commerce entre les Germains et les peuples du Sud. On a trouvé à Kelbra (Mersebourg) un vase du même style, qui ne pèse pas moins de 75 livres, a 2 pieds de hauteur et qui a été l’idole d'un peuple germain ou slave. C'est le Pustrich qui, rempli d’eau et posé sur un feu, ne tarde pas à lancer, avec de violentes détonations, de longs jets de vapeurs bouillantes1.

Les mégalithes. En Germanie comme dans les Gaules (p. 301), les Alpes semblent tenir à distance d’elles les dolmens, les menhirs, qui sont très-rares depuis les bouches du Rhône, par les plateaux de la Suisse et de l’Allemagne, jusques au Danube-Moyen et à la Vistule. La Germanie se divise donc, elle aussi, en deux parties : l’une continentale sans

* Kruse, t. 1. eah. 4.

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