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LES LITS ET LES TOMBEAUX DES HUNS

mégalithes ni celts, l’autre maritime à mégalithes et à celts. Les limites seraient, d’après Keferstein, à peu prés celles du bas-allemand et du haut-allemand.

Les mégalithes de l'Allemagne sont assez différents de ceux de ta France et des iles Britanniques pour que les uns et les autres ne soient pas l’œuvre d’un môme peuple , et assez semblables pour que les deux peuples soient frères. L’un étant celte, l’autre ne peut être ni finnois, ni ligure, ni ibère, et la seule nation qui ait en Allemagne parlé une langue sœur des idiomes celtiques, c’est la nation germanique.

Le caractère distinctif de la Basse-Allemagne mégalithique et maritime, ce sont les Lits des Huns ‘ : tertres funéraires de terres rapportées , hauts à peine de o à G pieds, de forme oblongue et quadrangulaire, mesurant en longueur de 10 à 400 pieds, bordés de piliers ou de gros blocs et supportant à l’une de leurs extrémités un ou plusieurs (jusques à seize) dolmens-tombeaux et parfois vers le milieu un pilier ou un cercle de piliers. Ces monuments occupent la zone maritime qui longe la Baltique et la mer du Nord, jusques à une ligne qui passerait au nord de Custrin, au sud de Magdebourg, par le Harz et la Forêt de Teutobourg. Ils s'arrêtent vers l’est à la Vistule-Inférieure au delà de laquelle commence le monde slave ou lithuanien. Vers l'ouest ils disparaissent dans l’Over-Yssel où (d’après Keferstein) ils s’associeraient aux grands et beaux dolmens celtiques.

Dans ces mêmes limites existe un grand nombre de Tombeaux des Géants ou Huns. Ce sont des dolmens qui reposent sur le sol naturel et non sur des Lits factices, et qui ne sont entourés d’aucune enceinte. Ils sont clos, rarement entourés d’un bourrelet, de forme carrée ou ronde (cette dernière forme est étrangère aux dolmens de la France). Deux blocs placés en face l’un de l’autre en supportent un troisième, les deux autres côtés sont fermés par de moindres

' Hun en celtique signifie sommeil et (avec l'espoir de la résurrection ou de la métempsychose) mort.

LA GERMANIE

pierres. Le plancher est formé d’argile, de sable, et de silex blanchis à un feu ardent. Parfois quatre tombeaux pareils sont réunis en un groupe unique.

Les dolmens ensevelis sous une colline de terre ou de pierres, en d’autres termes les tumulus à chambres sépulcrales, sont très-rares en Allemagne, si ce n’est dans la vallée de la Saale* Parfois ils ont sur leur sommet un haut pilier (un cippe, p. 50), ou sont environnés d’une enceinte de pierres, de forme circulaire (et non carrée, comme les enceintes des Lits des Huns). Quelques-uns ont des allées couvertes, qui se distinguent de celles des tombeaux celtiques par leur extraordinaire longueur : il en est qui mesurent plusieurs centaines de pas*. Ces tumulus à allées sont propres au Sleswig et à la Scandinavie.

Mieux encore que les dolmens-tombeaux, les piliers et les autels nous permettent d’apprécier jusques où les mégalithes d’Allemagne ressemblent à ceux des terres celtiques et en diffèrent.

Les piliers sont beaucoup moins fréquents en Allemagne qu’en Angleterre et en France, et il en est à peine deux on trois qui mesurent 16 pieds de hauteur5.

Isolés, ils sont des cippes funéraires ou des bornes nationales (p. 49). Il n'en est aucun qui, à sa forme ou aux superstitions dont il serait l’objet, aurait droit au rang des piliers symboliques ou idoles. On dirait que d’âge en âge les Germains ont toujours adoré un dieu invisible.

Les alignements de piliers *, dont les formes chez les Celtes varient à l’infini et supposent un génie symbolique, sont extraordinairement rares chez les Germains. On cite à Besow

’ Ils font entièrement défaut dans la Saxe royale, la Lusace et la Silésie. Preusker, t. 3, p. 197.

* Je laisse à Keferstein, p. 61, la responsabilité de cette assertion.

* Dans l'Odenwald, sur le Felsberg, gît à terre une colonne en granit de 31 pieds de longueur; mais on ne la tient pas pour germaine. — Je ne parle pas d'un pilier de 18 pieds de hauteur et de 28 de circonférence à Sins, dans la Basse-Engadine.

4 Preusker, t. 3, p. 173. 175. Keferstein, p 76. 96.

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