‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 232 sur 254 · LA RACE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

LA RACE PRIMITIVE

raines de la population agricole qui occupait l’intérieur des terres et qui nous est connue par ses tumuius. Plusieurs de ces tumuius en effet contiennent des objets en silex aussi grossiers que ceux des amas de cuisine, tandis que dans ces amas sont quelques fragments de haches polies. On sait d’ailleurs combien restent sauvages les peuplades ichtyophages aux siècles mêmes de la plus haute civilisation des grandes et nobles races auxquelles elles appartiennent.

Les crânes de ces tribus de la côte semblent indiquer une race finnoise. Mais elles sont sœurs de celles qui ont érigé les tumuius et les dolmens de la Scandinavie et de la Nord- Allemagne (p. 399), et celles-ci le sont à leur tour des Vénètes, des Pictons et des autres Gaulois occidentaux. Or les Finnois ne sont point de la même famille arya que les Gaulois, et, d’ailleurs, jamais peuple de race finnoise n’a érigé de dolmens ni de tumuius à chambres sépulcrales.

Nous ne pouvons pas davantage avec M. Worsaaë attribuer les antiquités de l’âge de la pierre dans la Nord -Europe à une race inconnue et anonyme. Car elle aurait laissé aux fleuves et aux montagnes des noms barbares*, tandis que les noms de lieu s’expliquent aisément par le teuton ou le celte.

Les Teutons sont frères des Celtes comme les tumuius et les mégalithes de la Nord-Europe le sont de ceux des Gaules, qui ont eu des Celtes pour auteurs, et nous croyons que sur les bords de la Baltique comme sur ceux de l’Atlantique la race qui nous a légué les antiquités de l’âge de la pierre, est la même qui aujourd’hui encore habite ces contrées.

Les Teutons, ancêtres des Germains et des Scandinaves (p. 295), venant de l’Asie, berceau de la race des Aryas, auront emporté avec eux nos céréales et nos animaux domestiques. Mais quelques-unes de leurs familles, sous le rude climat de la Baltique, auront désappris l’agriculture, et de toute

' Comparez les Gaëls en Angleierre, p. 303.

LA NORD-EUROPE

leur suite le chien seul aura survécu. Les auteurs des Kjukkenmôdding peuvent donc être aussi bien des Scandinaves que des Finnois, malgré leur sauvagerie et leur pauvreté.

Arrivés sur les côtes sud-est de la Baltique, les uns, les Germains, auront peuplé à rang serré le Mecklembourg, le Hanovre, le Holstein et le Sleswig, la Westphalie et les terres frisonnes ; les autres, les Scandinaves, se hasardant sur la Baltique, se seront établis sur le bord des îles et sur la côte orientale du Jutland.

Scandinaves et Germains, au temps de leur séparation, parlaient la môme langue, qui s’est divisée en deux branches. Ils adoraient les mêmes dieux, tels qu’Odin et Tbor; ils avaient la même cosmogonie et les mêmes croyances sur la fin des temps.

Tous les Germains parlaient alors le bas - allemand ; car aucune de leurs grandes familles n’avait encore pénétré dans les immenses forêts de l’Allemagne moyenne. Ils se divisèrent en deux races : les Errants ou Suèves, qui se promenaient avec leurs troupeaux sur les landes et les marais de la Basse-Allemagne, et les Sédentaires ou Saxons, qui en cultivaient les districts fertiles.

Chez les Scandinaves nous retrouvons , si ce n’est les deux mêmes genres de vie, au moins les deux mêmes noms. Dans Tacite, les Suions ou Swions habitent les îles Danoises et le sud de la Suède ; peuple maritime, ils errent sur les Ilots. Leurs voisins vers le nord, en Gothie et en Suède propre, se nomment les Sitons, les continentaux. Ces Sitons sont les Suéthides de Jornandés, et comme les deux peuples se sont confondus dans la suite des âges, Adam de Brême dit indifféremment Siæons ou Suèdes, et même Suèces. Aujourd’hui les habitants de la région du lac Mœlar ou la Suède propre se nomment Swearn. Pères des Suédois, les Suions et les Sitons de Tacite le sont aussi des Danois et des

' Sch weiff.n, errer; bas-allemand, svf.vbn, swkvf.n ; anglo-saxon, swrovan. — Siïzen , être assis ; bas-allemand , setten, sitten , d'oô Sa tes, et en haut allemand sachsfn.

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